« Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » disait Albert Camus. On peut se poser la question si la dénomination des choses n’a pas eu une certaine influence dans les évènements au Moyen Orient. La terre aujourd’hui si disputée par les Arabes et les Juifs s’appelait la Judée du nom de ses habitants dans l’Antiquité. Mais pour punir les Juifs de leur révolte, l’Empereur Hadrien lui donna un nom dérivé de celui de leurs ennemis, les Philistins, et la Judée devint la Palestine, une façon d’en exclure les Juifs. Le seul état palestinien ayant duré des siècles fut un état juif (et même deux : Israël et Judée), en dehors du Royaume Franc de Jérusalem qui dura 200 ans vers l’an mille. Après le retrait de l’Empire Ottoman, et avec l’occupation anglaise et la création par les Anglais d’un « foyer juif » (déclaration Balfour de 1917) de nombreux Juifs revinrent en Palestine s’ajoutant à ceux qui y étaient restés. En 1947, la Palestine fut divisée en trois par l’ONU : un état juif, un état arabe, et une zone autour de Jérusalem sous contrôle international. Là, encore, c’est un problème de nom : alors que les Juifs venaient et vivaient en Palestine et dont beaucoup rêvaient, le nouvel état juif fut baptisé « Israël », il aurait pu tout aussi bien s’appeler Palestine (bien que n'en recouvrant qu'une partie) et les Juifs seraient devenus des Palestiniens. Nous ignorons comment les Arabes auraient appelé leur Etat car les voisins arabes ont fait de suite la guerre aux Juifs pour récupérer le morceau de terre qui leur avait été attribuée. Une guerre qu’ils ont perdue et avec elle l’état arabe. C’est ainsi que le malheur commença.