Le chanteur marocain Saad Lamjarred, très populaire au Maroc, a été mis en examen le 28 octobre en France pour "viol aggravé" et écroué.
Après avoir, semble-t-il, consommé alcool et drogues, cet artiste aurait violenté une jeune femme de 20 ans avant d’abuser d’elle dans sa chambre d’hôtel.
Son avocat actuel a évidemment plaidé la relation consentie :"Il s'est passé cette nuit-là ce qu'il se passe entre un homme et une femme consentante à 5 heures du matin dans une chambre d'hôtel." Les lésions traumatiques dont souffrirait la victime auraient sans doute été également consenties.
Nous ne connaissons évidemment pas la vérité, mais ses antécédents ne plaident guère en faveur du chanteur, puisqu’en 2010 il avait déjà été mis en cause pour une affaire de viol aux Etats-Unis. Qu’il ait été coupable ou non à cette époque, depuis, il n'a jamais remis les pieds aux USA pour échapper aux poursuites judiciaires.
Ces faits n’ont malheureusement rien de particulier, les violeurs étant de toutes les nationalités et le viol à déplorer sous toutes les latitudes. Mais ce fait divers est rendu particulier par l’attitude du roi du Maroc Mohammed VI qui aurait proposé de prendre en charge les frais de justice du présumé coupable et également conseillé à la famille du chanteur de prendre Maitre Dupont-Moretti comme avocat pour sa défense.
Je trouve la générosité du roi du Maroc très symptomatique de la culture musulmane où le viol ne semble pas être considéré comme un délit bien grave, tout juste une espièglerie ou une gaminerie que l’on peut réparer en faisant amende honorable.
Jusqu’à une époque récente le violeur au Maroc échappait à toute poursuite s’il concédait à se marier avec la femme qu’il avait violée. Je pense que les choses ont changé depuis qu’une jeune fille violée s’est suicidée (de façon atroce) pour échapper au mariage avec son violeur. Voir "Des mouches et des hommes".
Comment s’en étonner dans une culture où la femme vaut la moitié d’un homme et doit être à son service, où au salon consacré à la femme musulmane en région parisienne, les barbus discutaient sérieusement des occasions où il était « coraniquement » licite de battre sa femme.
Mohammed VI semble donc implicitement admettre le viol comme un acte somme toute assez secondaire puisqu’il apporte son aide au présumé violeur, le principal étant de tirer son chanteur d’affaire qu’il soit coupable ou non.