Le mal du temps. J’ai trouvé cette expression dans un article de Kamel Daoud paru dans Le Point de ce jour où il compare les populistes et les islamistes qui ont comme ambition commune de revenir en arrière pour retrouver une période historique plus glorieuse. C’est surtout vrai pour les islamistes qui veulent remettre le compteur temporel au VIIe siècle jusqu’à utiliser des cartes imitant celles de cette époque mais en détruisant ce qui a précédé. Le mal du temps accable bien sûr l’individu vieillissant, mais c’est un mal qui touche nombre de pays ou de groupes humains. Des pays ont la nostalgie de leur gloire d’antan qu’ils aimeraient récupérer, des populistes persuadés que l’on peut encore effacer les scories du temps et tout recommencer. Pour un but inverse, se posant en victimes, des groupes humains : indigénistes, « décoloniaux », Afro-américains « éveillés » rejouent l’histoire et ne veulent surtout pas l’effacer bien qu’elle fut en leur défaveur, pour en tirer profit dans le présent en culpabilisant les descendants des oppresseurs jusqu’à remettre en cause leur apport à la civilisation. Une misérable revanche destructrice et raciste qui ne les grandit pas. Il y a d’autres moyens de se grandir que de vouloir abaisser les autres et de tenter de détruire ce que leurs ancêtres n’ont pas pu construire. Illustration : Magritte : « La mémoire ».