D’après Le Point, Macron devant SES troupes à Istres « a donné, pour la première fois sous cette forme, sa conception de la relation des soldats français avec la société qui les entoure. De la même manière qu'il souhaite qu'un chef d'état-major ne s'exprime pas devant les députés – ou ailleurs – sur les questions budgétaires, il insiste sur la nécessité pour les militaires de préserver la confidentialité de leurs activités, tout en disant qu'il mesure » : « l'ingratitude de missions qu'on ne peut raconter, de secrets qu'on ne peut partager, de ce qu'on ne peut dire ni aux proches ni aux familles. Mais c'est que votre quotidien, et la crédibilité même de notre pays, c'est la condition de la crédibilité de la France sur la scène internationale, dans nos théâtres d'opérations, lorsqu'elle participe à des coalitions. »
Autrement dit un chef d’état-major, pour Macron, n’a le droit de s’exprimer sur absolument rien s’il est interrogé par une commission parlementaire alors que les députés ont le droit de convoquer qui ils veulent pour information. L’armée doit retourner à sa mutité légendaire y compris devant les députés dont le rôle est, entre autres, de contrôler le gouvernement.
Avec ce précédent De Villiers, les hauts fonctionnaires convoqués devant les commissions parlementaires risquent de ne plus vouloir les informer d’une réalité autre que celle voulue par l’Elysée s’ils veulent conserver leur poste.
Les députés seront ainsi atteints de surdité, ce qui ne gênera probablement pas la majorité de marcher (elle en a l’habitude) comme un seul homme et de voter les lois ou d’entériner des décisions sans les avoir évaluer par une enquête, faisant confiance à « la pensée complexe » de l’Elysée.
Un Parlement sourd, ça sert à quoi ? A bavarder sans s’entendre.
Dessin paru dans Le Canard enchaîné du 19/07/17