Il semble, d’après les dires, que Macron veut relâcher les liens un peu trop serrés qui existaient entre la Présidence et les journalistes, Hollande ayant abusé des confidences à son détriment. Les journalistes politiques seraient donc en phase de sevrage et un peu désorientés par la nouvelle ambiance.
Néanmoins, les journaux sont atteints de macronisme contagieux, et le nom du président de la République y foisonne. Il suffit de faire le tour de quelques journaux en ligne pour s’en apercevoir. Non seulement on y relate ce que Macron fait ou dit mais aussi ce qu’il ne fait pas. Ainsi l’AFP précise qu’Emmanuel Macron sera absent à la première journée des Etats généraux de l’Alimentation, alors que tout le monde s’en fout. Quant à l’Huffingtonpost, il rapporte le démenti de Macron à qui l’on prête d’avoir dit à Laurence Haïm : « Non mais je rêve ! Et puis quoi encore » en lui refusant un poste d’ambassadeur. Le même journal propose les images de Macron sur le tour de France et s’inquiète de la grandeur excessive de la photo officielle du sus-dit qui pourrait coûter cher. Informations dont on ne saurait se dispenser.
Devant cet intérêt courtisan (ou devant la vacuité politique), on comprend les réticences de certains comme Alain Finkielkraut qui a fait paraître dans Causeur un article intitulé « Je ne suis pas pro-macron et je me sens seul ». A noter que c’est dans Le Figaro et dans l’Express que le nom de Macron est le moins cité aujourd’hui.
Bien que Macron est omniprésent dans les médias, Marianne signale que nombre de députés LREM ne l’avaient encore jamais rencontré. Macron s’est donc présenté à eux en affirmant : « Il n’y a pas d’ordre jupitérien ». Personne ne croit encore à la mythologie, mais peut-être que ses fans se sont posés la même question que Slate, « Si Emmanuel Macron était un personnage de la série Game of Thrones » quel serait-il ?
Sûrement celui d’un apprenti chef de guerre. Son différend avec Pierre De Villiers, poussé à la démission de son poste de chef d’état-major, s’étale encore dans toute la presse. Macron lui ayant reproché d’avoir exposé sur la place publique son désaccord alors que les informations du général à la commission de la défense avaient été délivrées à huit-clos. Des députés irresponsables les ont divulguées, ce qui aura pour conséquence que lors de prochaines auditions de hauts fonctionnaires, les députés n’obtiendront que des informations prudentes et biaisées.
Un chef de guerre qui cherche à se mettre au courant de la guerre. L’Express signale que Macron a visionné la bataille de Mossoul à l’Elysée.
Les guerriers, eux, ne sont pas contents de ce morveux qui n’a même pas fait son service militaire et le Huffingtonpost rapporte quelques-unes de leurs réactions : « Autoritarisme juvénile », « De Villiers ouvre les yeux des Français sur le narcissisme autocratique de Macron »
Bien sûr, notre chef de guerre « souhaite tourner la page » (Le Monde) et veut se livrer à une câlinothérapie. L’Express : « Istres : que vient faire Macron et le général Lecointre sur la base 125 ? » et l’Huffingtonpost répond : « Macron à Istres pour rassurer les militaires, avec son nouveau chef d’état-major ».
Si les militaires ont peur, ce n’est pas rassurant.