Un des médecins infectiologues intervenant régulièrement sur les plateaux a déclaré récemment que le port du masque dans la rue est inutile. Je continue néanmoins à le porter car à Paris, où les trottoirs sont souvent étroits, la distanciation physique n’est pas toujours possible ou respectée. Ainsi, sans masque nous pourrions être à la merci de l’éternuement ou de la toux d’un quidam de passage non masqué et n’ayant pas le réflexe de le faire dans le creux de son coude. Notons que l’on voit fréquemment des personnes masquées mais le nez à l’air, or la contamination de ce coronavirus se fait essentiellement par le nez.
Bien que l’épidémie ne soit pas encore terminée, et que l’on observe toujours des foyers de contamination qui s’allument çà et là, aussi bien en France qu’à l’étranger, les masques se raréfient dans la rue, et le porter finit par apparaître comme un signe de couardise. Pourtant, les différentes études montrent que le masque diminue nettement le risque de contamination comme l'illustre le diagramme ci-dessous (où s’est glissée une erreur avec inversion des chiffres pour le risque selon la distance observée).
Nous savons qu’aux USA, surtout dans les Etats qui votent républicain, les précautions sanitaires sont mal suivies car les gens se sont élevés contre elles, aussi bien contre le confinement que le port du masque.
Le Parisien du 27/06/20 rapporte qu’au cours d’une réunion tenue à Palm Beach en Floride, des Américaines ont expliqué à la tribune pourquoi elles sont opposées au port obligatoire du masque : « L’une d’elles évoque un crime contre l’humanité, (et) demande pourquoi Bill Gates et Hillary Clinton ne sont pas en prison…Une autre les accuse de tourner le dos au magnifique système respiratoire créé par Dieu » Mais la confession de la troisième ne manque pas de sel : « Je ne porte pas de masque pour la même raison que je ne porte pas de petite culotte. Les choses doivent respirer »
Illustration : Balthus : "Thérèse rêvant"