Comme l’a dit une journaliste, l’affaire Daramin est devenu le sparadrap du nouveau gouvernement puisqu’une nouvelle enquête est ouverte pour une accusation de viol alors que trois décisions de justice avaient auparavant rejeté cette accusation. Mais parce qu’il est devenu ministre de l’Intérieur, les féministes ont estimé qu’il est aussi devenu juge et partie, et forment des essaims bruyants au-dessus de sa tête à chacun de ses déplacements, ce qui devient gênant pour les autres premiers de cordée qui l’accompagnent.
Bien sûr, je n’ai aucune connaissance sur le détail des péripéties qui se sont déroulées dans l’alcôve où les deux protagonistes se sont rendus volontairement. Je n’ai que les bribes lâchées par les médias, ce qui me laissent évidemment sur ma faim. Il semble que la dame, ancienne call-girl, aujourd’hui accusatrice, se soit rendue en ce lieu intime pour obtenir une faveur de la part du susdit en échange des siennes, que la victime présumée a qualifié de « passage à la casserole », terme bien choisi s’agissant de cuisine politique. Elle a donc offert son corps pour obtenir, non pas de l’argent, mais un service. Néanmoins, il s’agit là d’une forme de prostitution. Une attitude que je ne réprouve en aucune façon car on est libre de disposer de son corps quand on est libre d’en disposer, et vendre du plaisir n’est pas donné à tout le monde et bien plus respectable que de vendre des armes.
Dans le cas qui nous occupe (un peu, seulement) il s’agissait d’obtenir un service peut-être plus difficile à rendre que de la simple monnaie. Je crois que la dame l’a finalement obtenu, et dans ce cas Darmanin s’est conduit en client respectueux de ses engagements. Or on sait qu’à présent les clients de prostituées sont passibles d’une amende de 1500 €, ce qui risque de mettre les travailleuses du sexe sur la paille et la passe à un niveau prohibitif hors des moyens des pauvres.
Quoi qu’il en soit, notre ministre de l’Intérieur (honni soit qui mal y pense) devrait s’acquitter de cette amende, ce qui pour un ancien ministre du budget ne devrait pas poser problème, afin que cesse ce bourdonnement au-dessus des têtes gouvernementales.
Illustration : Le Valentin : "Judith et Holopherne"