Publié le 31 Mai 2013

Voici quatre déclarations récemment prononcées par le ministre de l’Intérieur Manuel Valls[1]

La première, sur les lieux où une institutrice s’était pendue 24 heures plus tôt devant les petits élèves de sa classe: « Toutes les mesures seront prises pour qu’un tel drame ne puisse jamais se reproduire et je confirme aux enfants, aux parents et aux enseignants de Saint-Exupéry que le ministère ainsi que tout le gouvernement et le président de la République sont avec eux ». Que l’on se le dise, des mesures seront prises pour empêcher les suicides. Ceux qui passeront à l’acte écoperont d’un blâme post-mortem qui nuira à leur avancement.

La seconde déclaration a été faite devant des postiers après le lynchage à mort de deux employés des postes à la sortie d’un bar gay : « Il ne sera désormais plus permis que les déséquilibrés asociaux s’en prennent à des êtres humains pour la seule raison de leurs choix sexuels et je tiens à assurer tous les postiers de France de mon total soutien ainsi que celui du gouvernement et du président de la République ». A noter que cette déclaration solennelle sous-entend qu’auparavant le lynchage était permis et que les postiers de France sont tous gays, mais désormais soutenus.

La troisième déclaration aurait été faite dans un restaurant de l’autoroute A6 où l’affrontement de deux bandes rivales avait laissé trois blessés graves sur le carreau parmi les clients : « Le président de la République, le gouvernement et moi-même nous sommes profondément choqués par le climat de terreur que font régner sur les autoroutes françaises, quelques groupes de délinquants, et tout sera mis en œuvre pour que la sécurité des automobilistes soit restaurée ». Restaurer la sécurité dans les restaurants afin de ne pas alimenter les faits divers ne manque pas de sel.

La quatrième déclaration aurait été faite dans les quartiers  nord de Marseille après l’élimination à la kalachnikov d’un adolescent de 16 ans retrouvé dans une BMW volée : « Tout sera mis en œuvre, pour que de telles exécutions sur la personne de jeunes mineurs soient désormais impossible et je tiens, au nom du gouvernement et du président de la République, à dire que tout sera fait pour retrouver la paix, le calme et la sécurité dans les villes et les banlieues françaises ». S’il ne s’agissait pas d’un voyou mineur, la question serait différente, la seule façon réaliste de rendre impossible (sic) de telles exécutions est d’attendre que le voyou devienne majeur.

Ces déclarations sont à ce point caricaturales de la vacuité tartarinesque du discours politique que je me suis posé la question de leur authenticité. Mais que pouvait-il dire d’autre ? Et qu’aurait-on dit s’il n’avait rien dit ?


[1]  Rapportées par Patrick Besson dans Le Point du 30 mai 2013

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Publié le 27 Mai 2013

Je viens de terminer cet ouvrage d’Elsa Dorlin (paru dans la collection « Philosophies » puf) qui est une introduction aux théories féministes de ces dernières décennies. Je me suis d’abord heurté au jargon dont s’enorgueillit toute spécialité, faisant de celle-ci une chasse gardée pour initiés et dont la frontière est difficile à franchir pour les étrangers. Voici une phrase quasiment prise au hasard, la première du dernier chapitre (« Technologie du sexe ») : « L’épistémologie de la subversion prend acte du rapport de pouvoir à l’œuvre dans la production et la définition des termes qui le composent. » (Néanmoins, cette phrase absconse – pour moi -  est un peu explicitée par la suite). Je n’ai donc pas tout compris et je le regrette car des choses intéressantes me sont apparues dans les éclaircies.

A l’appui de l’incertitude de l’identité sexuelle, le livre comporte un long chapitre sur les anomalies de la conformation sexuelle : hermaphrodisme, intersexualité, etc…Chacun sait que le développement embryonnaire peut être perturbé dans son schéma et aboutir à des malformations congénitales plus ou moins compatibles avec la vie. Mais je ne vois pas en quoi des ratés pathologiques dans l’évolution fœtale peuvent venir conforter l’idée que l’identité sexuelle est par nature ambiguë. Dans la très grande majorité, la formation d’un individu aboutit à une conformation sexuelle, organique et biologique, bien déterminée. Les cas contraires sont du ressort de la pathologie. Et qu’on le veuille ou non les transsexuels et les transgenres ont des troubles de la personnalité (prises en charge par l’assurance maladie pour les transformations corporelles et le traitement hormonal).

Ce qui m’a frappé, c’est l’hostilité à peine masquée vis-à-vis de l’hétérosexualité, nettement discutée en tant que norme. Faut-il rappeler que les homosexuels ont besoin des hétérosexuels pour se pérenniser ? Dans les espèces évoluées l’hétérosexualité est la norme car c’est  la condition nécessaire pour que l’espèce ne disparaisse pas. Le reste est de la rhétorique, même si le choix de son orientation sexuelle est du ressort de chacun et doit pouvoir s’épanouir si elle n’est pas agressive.

L’hétérosexualité, qui semble être la cible principale des théories féministes, est accusée d’être à l’origine de la domination de l’homme sur la femme. Il me semble qu’il y a là une erreur sur la causalité à force de vouloir tout niveler. Si l’homme a dominé la femme, c’est qu’il est justement différent d’elle, habituellement plus puissant et plus agressif en raison même de son sexe (dont on veut minorer le rôle). Depuis les temps les plus anciens il s’est approprié la femme par la force et cette domination a longtemps été inscrite dans les mœurs et les lois (et elle continue à l’être en Islam). L’hétérosexualité en tant que telle n’y est pour rien, hommes et femmes peuvent être égaux dans l’hétérosexualité et l’homosexualité n’exclut pas la domination d’un partenaire sur l’autre.

En voulant effacer les différences anatomiques et biologiques entre les hommes et les femmes (et curieusement, ce livre parle peu de la procréation), et en donnant une place prépondérante au rôle de la société dans les comportements censés liés au sexe biologique (le genre), les féministes finissent par perdre de vue ce qu’impliquent ces différences et font jouer à l’hétérosexualité un curieux rôle de bouc émissaire.

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Publié le 25 Mai 2013

Le pape François aurait affirmé cette semaine que Dieu « nous a tous pardonnés, pas que les catholiques ». Comment le sait-il ? Une affirmation doit toujours être étayée par des preuves ou le moins est d’en donner la source. S’agit-il d’une conversation privée entre le Seigneur et le Souverain Pontife où le premier aurait fait au second cette déclaration en « off » ? Quoi qu’il en soit, n’étant pas catholique, je suis néanmoins pardonné. Mais de quoi ? Je ne me sens aucunement coupable. Cependant, comme le disait Pierre le Grand (du moins je crois) : « Si tu ne sais pas pourquoi tu bats ta femme, elle, elle le sait ». Ce dont je suis certain est que ce n’est pas moi qui ai fait le monde tel qu’il est, mais n’y aurait-il pas Quelqu’un qui pourrait en être responsable ? Suivez mon regard.

A vrai dire, je ne sais pas si vous pourrez suivre mon regard, car  il a beau chercher il ne trouve rien sur quoi se fixer. Il faut sans doute être un croyant sincère et – ce qui ne gâte rien -  un peu mythomane, pour que Dieu se révèle à vos regards et vous dise, dans sa Bonté Divine, les yeux dans les yeux, que vous êtes pardonné (je ne sais toujours pas de quoi, mais Lui doit le savoir).

C’est que je fais partie des 29% de Français qui, selon une étude internationale réalisée par WIN/Gallup, se déclarent « athées convaincus ». A vrai dire, pour être convaincu il faudrait avoir la preuve de la non-existence de Dieu, ce qui est aussi difficile que de prouver son existence, et comme le dit Woody Allen : « Si Dieu existe, j’espère pour Lui qu’Il a une bonne excuse ».

En matière d’athéisme, la France serait, selon l’étude WIN /Gallup, à la quatrième place mondiale, ce qui n’est pas mal, mais ne lui permet pas  d’accéder au podium. Comme d’habitude, c’est la Chine qui remporte la première place avec le record de 47% d’athées, le second étant le Japon (31%) dépassant de justesse la République Tchèque (30%). Je me demande si la France pourra maintenir longtemps cette quatrième place, je la sens un peu dissipée. Mais espérons, car Allah est Grand !

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Publié le 23 Mai 2013

La main dans le sacLes femmes portent souvent des sacs à main, ou plus souvent en bandoulière, volumineux. Quand il m’arrive de plonger mon regard indiscret dans l’un d’entre eux, je suis toujours étonné par le nombre de choses qui peuvent s’y trouver. Il n’est donc pas surprenant que les femmes n’arrivent pas toujours à mettre la main sur ce qu’elles cherchent lorsqu’elles sont un peu désordonnées.

Des chercheurs ont eu l’idée bizarre d’y chercher des bactéries. Une étude parue dans le Daily mail et menée par Initial Washroom Hygiene a permis de faire un constat des plus navrants, à savoir que les sacs à main féminin, malgré leur charme, sont aussi des sacs à microbes et seraient plus contaminés qu’une cuvette de toilettes publiques ! Les objets les plus contaminés étant la crème pour les mains qui arrive en tête, suivie de produits de maquillage tels que le rouge à lèvres et le mascara. Avouez que c’est quand même défrisant. Mais pas étonnant, car les sacs, rarement nettoyés, en contact avec de nombreuses surfaces y font la collecte des colonies microbiennes auxquelles s’ajoutent celles récoltées sur les mains et transférées lors des fouilles multiples à la recherche d’indispensables objets dont ceux pour rehausser la beauté féminine. Ces chercheurs à la recherche de la petite bête considèrent même qu'un sac à main sur cinq représenterait un risque pour la santé humaine. Que tout cela manque de poésie !

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Publié le 21 Mai 2013

Mon corps est à vous.« Le célèbre basketteur américain Kobe Bryant a posté cette image d’opération du tendon d’Achille sur son compte Instagram. [Il] souffrait d'une rupture totale du tendon d'Achille gauche survenue lors d'un match il y a un mois. Il a décidé de partager les images de son opération avec ses fans ».

Les pipoles, quelles que soient les raisons pour lesquelles ils le sont devenus, cherchent  de plus en plus à s’exposer totalement au regard  indiscret, inquisiteur, malsain des autres, surtout outre-Atlantique. Une exposition de l’intimité même de leur corps n’est-elle pas la meilleure façon de se rapprocher de ceux qui les admirent alors qu’ils sont tenus à distance de leurs idoles ?

Le monde entier sait à présent qu’une jolie actrice s’est fait retirer les deux seins par crainte du cancer (et non pour ressembler à un homme comme a osé l’écrire l’ineffable Boutin). Il n’était pas nécessaire de le savoir, d’autant plus que cette intervention préventive radicale et plutôt éprouvante a probablement angoissé bon nombre de femmes.

Ce sont des démarches exhibitionnistes où même l’exposition de la misère de leur corps constitue un spectacle en soi jeté à l’avidité voyeuse du monde. Car pour les pipoles, ce n’est plus l’expression de leur talent qui est désormais vénérée, mais eux-mêmes en tant que personnes, ce n’est plus de l’admiration pour ce qu’ils réalisent mais de l’idolâtrie pour leur être.

Des seins,  un des attraits d’une jolie femme, et un tendon d’Achille, une des armes des prouesses d’un basketteur sont mis à nu par leur propriétaire. Voyez comme je suis proche de vous puisque je ne vous cache rien et que je ne crains pas de vous montrer ma fragilité. Façon masochiste de se faire de la publicité.

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Publié le 20 Mai 2013

Nous vivons dans une société civilisée.  

Le mépris et la haine s’installent confortablement sur la toile. La haine et la violence se déversent dans la rue à la moindre occasion. On tue pour un regard, on tue pour un constat, on tue pour un téléphone. On tue par peur de l’autre, ou même pour rien, pour tuer.

Nous vivons dans une société civilisée.

Une fête libère dans la ville les vandales venant des banlieues. Des banlieues où il n’y a plus rien à saccager depuis le dernier jour de l’an. Des voyous du football se croisent par hasard et cherchent à s’entretuer. Le hasard fait mal les choses. Des gens propres sur eux se jettent comme des fourmis sur un magasin des Champs-Elysées. Un magasin qui meurt sur  le plus beau cadavre du monde.

Nous vivons dans une société civilisée.

Au vingtième siècle les sociétés civilisées se sont massacrées en masse. Les idées fermentent dans les sociétés civilisées, c’est même le propre des civilisations. Alors, elles se sont massacrées pour des idées fermentées jusqu’à la nausée.

Au vingt et unième siècle il n’y a plus d’idées, mais il y a des croyances venues du fond des âges, à l’époque où les sociétés étaient moins civilisées.  Alors, on se massacre miséricordieusement pour des croyances. C'est-à-dire pour rien. Même pas pour un téléphone.

Dieu interdit le vol, mais pas le meurtre

 Mon voisin, le barbare.

Courbet : « le désespéré »

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Publié le 18 Mai 2013

Le samouraï travestiSi Freud castra la femme, qu’il vit comme dépouillée de pénis, les théoriciennes du genre tentent ces dernières décennies de castrer l’homme chez qui le pénis ne serait qu’un « présupposé biologique » dont il serait bon de faire abstraction si l’on veut faire cesser la domination masculine, et donner à chacun le choix de son genre. Genre masculin ou féminin qui serait imposé par la société patriarcale dès la prime enfance. La « bicatégorisation » du sexe ne serait dans cette perspective que politique et non pas naturelle, poussant allègrement aux oubliettes les différences physiologiques et la procréation -  pour l’instant -  uniquement féminine.

Dans les sociétés dont la structure n’est pas uniquement religieuse, les femmes ont progressivement acquis des droits (souvent de haute lutte) qui ont beaucoup réduit la domination masculine, à tel point que des hommes peuvent être amenés à envier la position sociale et la façon d’être de la femme.

C’est en particulier le cas au Japon où des hommes éprouvent du soulagement et du plaisir à se travestir pour un temps en femmes. Cette démarche n’a rien à voir avec l’orientation sexuelle : ce sont des hétérosexuels assumés, souvent mariés et pères de famille et parfois nantis de hautes responsabilités.[1]

Leurs motivations sont variées et évidemment individuelles. La société nipponne est plutôt dure pour les hommes (surtout dans le contexte économiques actuel). Ils se doivent de faire carrière et n’ont que ce seul choix, contrairement aux femmes qui peuvent éventuellement opter pour l’absence d’activité professionnelle. La diversité des vêtements féminins s’oppose à l’uniformité des vêtements masculins (l’un d’eux aurait dit : « Je hais les costards ! Je les hais plus que tout ! »[2]). Le fait d’être apprécié pour son apparence, parfois saluée par les  remarques admiratives de la part des hommes abusés par elle, constitue pour les travestis transitoires un motif de satisfaction. Ils explorent ainsi une autre facette de leur personnalité et échappent les jours de repos au poids de la société masculine nipponne, société qui, pour certains, gâterait trop les femmes. « Les jeunes d’aujourd’hui commencent à trouver que les hommes sont plus à plaindre que les femmes, c’est pourquoi ils veulent sortir du rôle de l’homme malheureux et devenir une femme choyée.”

 


[1] Dans une soirée organisée une fois par mois à Tokyo pour les réunir, leur nombre peut dépasser 400. Ils ont appelés : “otoko no ko” [jeunes filles-garçons],

[2] Article de Atsuko Suzuki paru dans le Mainichi Shimbun et rapporté par le Courrier international.

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Publié le 15 Mai 2013

135. Dr HouseBien que ne regardant jamais les téléfilms prenant pour thème le milieu hospitalier, il m’est arrivé de  voir quelques épisodes de la série TV « Dr House » dont on m’avait dit grand bien. J’en ai vu peu pour ne pas élever ma tension artérielle de façon dangereuse et pour ne pas incommoder mon entourage par mes ricanements désobligeants et mes remarques outrées. Cette série a eu un grand succès puisqu’en 2011, 8,4 millions de Français, en moyenne, ont regardé chaque semaine le personnage pervers du Dr House martyriser ses subalternes, mais également ses malades.

Je ne sais pas si c’est la perversité du médecin boiteux (et fort mal dans sa peau) qui attirait les téléspectateurs ou la vision qu’on leur donnait de la médecine. Ce qui me faisait réagir, c’est justement cette vision grotesquement déformée de la pratique médicale.

Ce service d’urgence mis en scène n’accueillait que des cas exceptionnels, ceux qu’un médecin ne voit qu’une ou deux fois dans sa vie et pratiquement aucun vieillard, alors que les gens âgés constituent la majorité des patients. Mais je comprends fort bien qu’une personne âgée atteinte d’une maladie courante n’est pas très télégénique et surtout ne pose habituellement aucun problème de diagnostic, ce qui ne cadrerait pas avec la substance même de cette série.

Un patient qui tombait dans les griffes de l’équipe du Dr House subissait les affres d’explorations à la chaîne,  les plus diverses et les plus agressives au gré des illuminations les plus fantaisistes des cerveaux médicaux, les diagnostics se succédant en n’ayant rien à voir les uns avec les autres. Une hypothèse farfelue = une exploration souvent traumatisante et par fois dangereuse. Les explorations répétées ne laissant pas au malade le temps de respirer et donnant une idée de la confiance et de la résistance de l’Américain moyen.

« Dans 22 épisodes, 18 patients ont été examiné ou ont subi un examen complémentaire à 225 reprises pour arriver au diagnostic final, soit un total de 14 actes par épisode, c'est-à-dire 1 toutes les 3,1 minutes » selon une étude menée par des urgentistes du SAMU 93 sur la saison 2011 de Dr House, publiée dans The American Journal of Medicine. « Parmi les examens complémentaires, l'IRM vient en tête (72 %), avant le bilan biologique standard (61 %), les biopsies (56 %), les échographies (39 %), les scanners (33 %), les angiographies (17 %), les EEG (17 %) et les ECG (11 %) [examen pourtant courant mais anodin et peu spectaculaire]. Vingt-deux autres examens ont été pratiqués au moins une fois au cours de la saison télévisuelle ». Des examens souvent sophistiqués immédiatement réalisés sans le moindre délai d’attente.

Quant aux traitements, ils sont appliqués sans états d’âme, « pour voir », et pas des moindres : corticothérapie, chimiothérapie, chirurgie etc…Une idée = un traitement souvent majeur. Bien qu’à la décharge du Dr House, je dois dire que les traitements « d’épreuve » existent également dans la « vraie vie », mais avec plus de prudence.

Et ce qu’il y a de remarquable dans cette médecine télévisuelle, c’est que tous les membres de cette équipe, dans l’ensemble jeune, étaient capables de réaliser toutes les explorations aussi spécialisées soient-elles et tous les traitements (y compris chirurgicaux) aussi complexes soient-ils.

Ainsi cette série distille une fausse image de la médecine et bien souvent farfelue que les patients devraient bien vite oublier et surtout ne pas exiger dans leur propre intérêt

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Publié le 13 Mai 2013

L’islamiste Saïd Arif, de nationalité algérienne et lieutenant déserteur de l’armée de son pays, devait être extradé après un bien trop long séjour en France. Mais voilà,  « la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) craignait des représailles car l'homme était l'objet de menaces dans son propre pays d’origine. Conséquence : elle a donc décidé de suspendre son extradition », ce qui bloqua Saïd dans notre beau pays d’infidèles.

Bien sûr, ce brave homme était menacé, mais lui, ne menaçait personne. Formé dans les camps d’entraînement d’Al-Qaïda en Afghanistan, il avait été poursuivi avec d'autres islamistes pour avoir projeté des attentats en France en 2001-2002, notamment sur la Tour Eiffel. Condamné en 2004 pour "appartenance à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" dans le dossier des filières de recrutement de combattants en Tchétchénie. En 2007, il est condamné à 10 ans de prison (sommes-nous en 2017 ???). Il devait être poursuivi pour apologie de crime terroriste, suite à des déclarations, le 21 mars dernier, à un hebdomadaire locale catholique de la Haute-Loire, "Renouveau" (pourquoi un journal va-t-il interviewer un tel individu ?, il avait été également interviewé auparavant  par France 3 Auvergne. Une star !). Il y déclarait avec franchise que "les attentats suicide ayant une dimension économique sont le meilleur moyen de lutte pour les islamistes", en ajoutant, pragmatique : « avec une voiture piégée, vous tuez 150 à 200 personnes. »

Donc pas menaçant du tout pour notre société, il attendait paisiblement dans un hôtel, assigné à résidence depuis octobre 2012 en Haute-Loire (aux frais de qui ?). Inquiet de ne pas le voir apparaître au petit déjeuner (café ou thé ?), dimanche dernier, le fils du gérant de l’hôtel avertit les autorités (compétentes ?) de sa disparition (comme il s’agit d’une récidive, le procureur aurait déclaré « qu’il risquait gros ». On en frémit.). Il a emporté comme souvenir la voiture de la belle-fille du gérant (espérons que le plein avait été fait).

Manuel Valls, qui considère qu’il s’agit «  incontestablement [d’] un individu dangereux » (bon diagnostic) a promis que « tout est fait pour le retrouver » (il serait resté en prison jusqu’en 2017, on aurait évité aujourd’hui un déploiement onéreux des forces de sécurité pour retrouver cet homme menacé).

A côté de la CEDH, existe-t-il une CEDVP : Cour européenne des droits de la victime potentielle ?

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Rédigé par Dr WO

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Publié le 11 Mai 2013

Les auteurs juifs qui écrivirent les textes bibliques dans l’Antiquité, et dont l’objectif était probablement « nationaliste » (le concept de nation étant récent), ne se doutaient pas que leurs écrits, quelles que soient leurs qualités littéraires, allaient être tant prisés et surtout aussi crus par une grande partie de l’Humanité et ce, jusqu’à nos jours où la science semble triompher.

La Genèse, en particulier, continue à faire le buzz ; vision poétique de la création du monde et de l’humanité, elle a été généreusement attribuée à Moïse qui avait eu, il est vrai, le temps de la rédiger pendant les quarante années où il a erré bêtement avec son peuple dans le désert du Sinaï qui n’est pourtant pas si grand pour que l’on puisse s’y perdre aussi longtemps.

Malgré les multiples preuves scientifiques apportées à la théorie de l’évolution, beaucoup d’Etatsuniens continuent à croire dur comme fer à la véracité du récit de la Genèse. En 2012, un sondage de l'institut Gallup a montré que 46 % des Américains croient que "Dieu a créé les êtres humains d'un coup, sous leur forme actuelle, il y a plus ou moins 10 000 ans".

Un musée du créationnisme existe à Petersburg (Kentucky) et se prétend scientifique. Une salle est consacrée au jardin d'Éden et une autre aux "lézards missionnaires", car pour les créationnistes, les dinosaures auraient été les contemporains des humains avant le déluge. On peut y trouver des rapports remettant en cause les travaux scientifiques des "évolutionnistes". Il a réuni 404 000 personnes en 2011 et 254 000 en 2012 (il est consolant de constater que la fréquentation de ce musée baisse d’une année sur l’autre).

Devant le refus à plusieurs reprises de ces mécréants de la Cour suprême d’introduire le « créationnisme » dans l’enseignement public à côté de la théorie de l’évolution (mais il est enseigné dans des établissements privés), les fans de la Genèse ont mis de l’eau diplomatique dans leur vin béni en prônant la "théorie de la conception intelligente" qui admet plus ou moins la théorie de l'évolution selon Darwin, mais en la considérant comme incomplète car ne tenant pas compte du coup de pouce divin pour que tout soit si parfait (une perfection que l’on peut, à mon humble avis, discuter).

Le « créationnisme » ne négligeant pas le business, un parc d'attractions Ark Encounter (Rencontre avec l'arche) doit s’ouvrir en 2014, à une centaine de kilomètres de Louisville, dans le Kentucky. Sur un site de 323 hectares, les amateurs pourront visiter l'arche de Noé, le tour de Babel ou se plonger dans l'atmosphère d'un village de l'époque ayant précédé le déluge, preuve aquatique que Dieu n’était pas satisfait de sa création qui aurait du être en théorie parfaite, compte tenu de la perfection du Créateur. Le plus distrayant sera sans doute l’illustration du récit des plaies infligées par Dieu à l’Egypte, comme une rivière de sang ou un essaim de sauterelles (scénario précurseur des films-catastrophe hollywoodiens). Les enfants étant particulièrement ciblés, de petites cabanes (symboles de l’enfermement ?) leur permettront de "se renseigner sur Dieu et tout ce qu'il a créé".

Les créationnistes ayant le sens des affaires et le don pour créer de l’argent, sur les 24,5 millions nécessaires, presque 13 ont déjà été réunis : « La création de l'arche de Noé, pièce maîtresse du parc, [sera] en effet totalement à la charge des particuliers. Chaque internaute a la possibilité de fournir un clou, une planche ou une poutre pour respectivement 100, 1 000 et 5 000 dollars. Le nom du donateur est ensuite gravé sur la pièce fournie et il aura la possibilité de voir son patronyme sur l'arche une fois que le parc sera ouvert au public ».

« Vanité des vanités, disait Qohéleth, vanité des vanités, tout n’est que vanité » (Prologue du livre de l’Ecclésiaste). Il y a des vérités dans la Bible.

 (Variations mécréantes sur un article de Louis-Vianney Simonin paru dans Le Point.fr)

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #arche, #attractions, #créationnisme, #dieu, #parc, #theorie évolution

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Publié le 10 Mai 2013

Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) à l’occasion du 10 mai,  « journée nationale des mémoires de la traite, de l'esclavage et de leurs abolitions », poursuit en justice la Caisse des dépôts et consignations lui reprochant d'avoir profité, en 1825, de l'esclavage en Haïti (bien que l’esclavage ait été aboli bien avant), l’indépendance  de ce pays ayant été reconnue par la France que contre une forte indemnité.

Le président du Cran a déclaré : «Tout crime appelle réparation, et quand on refuse la réparation, c'est qu'on refuse qu'il y ait eu véritablement crime. Il faut une réparation globale : morale, culturelle, financière, symbolique, matérielle ». Cette assignation a peut-être pour objectif réel de rappeler le fait historique. La procédure judiciaire au secours de l’enseignement de l’histoire en quelque sorte.

Je ne pense pas que les descendants haïtiens des esclaves qui se sont libérés il y a deux siècles espèrent être dédommagés de la souffrance de leurs lointains ancêtres. Et en quoi le Cran - en France - devrait-il être le bénéficiaire d’une éventuelle indemnisation ? Et combien de dédommagements chaque état à travers le monde devrait-il envisager pour « réparer » les spoliations et les souffrances que les gouvernements successifs, dont il est l’héritier, ont infligées à d’autres peuples au cours des siècles passés ? Les Juifs devraient-ils demander à l’Etat français le remboursement des biens confisqués à leurs ancêtres par Philippe le Bel lors de leur expulsion du royaume de France il y a 7 siècles ? L’Etat français, aujourd’hui, devrait-il indemniser les habitants actuels du Palatinat ravagé par les armées de Louis XIV ?

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #cran, #esclavage, #france, #histoire, #reparation

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Publié le 8 Mai 2013

En 2004, le psychologue canadien Anthony Bogaert considérait que 1% de la population pouvait être qualifié d’asexuel. Non pas dépourvu de sexe, mais n’ayant aucune propension à s’en servir et estimant que la sexualité est sans importance. L’asexuel est une personne ayant éventuellement des pulsions sexuelles mais qu’elle préfère évacuer par la masturbation. Pourvu d’un sexe en bon état de marche, l’asexuel n’a aucunement le désir de le partager avec autrui, cet autrui n’étant pas désirable qu’il soit masculin ou féminin, l’acte sexuel n’étant ainsi qu’une obligation « comme se brosser les dents » même si les sentiments amoureux peuvent exister.

L’absence de goût pour la baise me parait éminemment personnelle, ne regarde personne, ne gêne personne, sinon une ou un partenaire qui ne serait pas dans le même état d’esprit, si l’on peut parler ici d’esprit. C’est là où je me trompe, car les asexuels aspirent à plus de « visibilité », la visibilité asexuelle, c'est-à-dire la visibilité de l’absence de vie érotique pour qu’elle soit  en quelque sorte acceptée comme une identité sexuelle originale.

Le besoin de se grouper en communauté est très tendance. Si quelqu’un fait un pet de travers, ça l’ennuie beaucoup de le faire tout seul, et il aimerait en parler alors que cela n’intéresse pas grand monde, il cherche donc à se grouper avec d’autres personnes qui font également des pets de travers pour créer une communauté des péteurs de travers, ce qui rend le pet plus visible alors que personne ne l’avait remarqué auparavant. L’objectif, en fait, est d’accéder à la position sociale enviable de victimes, car le psychologue canadien affirme que ceux qui ne veulent pas baiser subiraient plus de discriminations que les gays et les lesbiennes. Discriminés par qui ? Car après tout, rester sur la touche favorise plutôt ceux qui veulent aller jouer sur le terrain.

« L’Asexual Visibility and Education Network » (AVEN), fondé en 2001 par l'Américain David Jay, revendique aujourd’hui 70 000 affiliés à travers le monde. En France, « l'Association pour la visibilité asexuelle » (AVA) groupe moins de membres (si j’ose dire), mais elle a choisi la journée du 26 avril pour faire reconnaître l’asexualité en France et pour que les asexuels ne se sentent pas seuls (pauvres choux !). A quand les revendications ?

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