Mon voisin, le barbare.
Nous vivons dans une société civilisée.
Le mépris et la haine s’installent confortablement sur la toile. La haine et la violence se déversent dans la rue à la moindre occasion. On tue pour un regard, on tue pour un constat, on tue pour un téléphone. On tue par peur de l’autre, ou même pour rien, pour tuer.
Nous vivons dans une société civilisée.
Une fête libère dans la ville les vandales venant des banlieues. Des banlieues où il n’y a plus rien à saccager depuis le dernier jour de l’an. Des voyous du football se croisent par hasard et cherchent à s’entretuer. Le hasard fait mal les choses. Des gens propres sur eux se jettent comme des fourmis sur un magasin des Champs-Elysées. Un magasin qui meurt sur le plus beau cadavre du monde.
Nous vivons dans une société civilisée.
Au vingtième siècle les sociétés civilisées se sont massacrées en masse. Les idées fermentent dans les sociétés civilisées, c’est même le propre des civilisations. Alors, elles se sont massacrées pour des idées fermentées jusqu’à la nausée.
Au vingt et unième siècle il n’y a plus d’idées, mais il y a des croyances venues du fond des âges, à l’époque où les sociétés étaient moins civilisées. Alors, on se massacre miséricordieusement pour des croyances. C'est-à-dire pour rien. Même pas pour un téléphone.
Dieu interdit le vol, mais pas le meurtre
Courbet : « le désespéré »
