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La solitude de l'asexuel

En 2004, le psychologue canadien Anthony Bogaert considérait que 1% de la population pouvait être qualifié d’asexuel. Non pas dépourvu de sexe, mais n’ayant aucune propension à s’en servir et estimant que la sexualité est sans importance. L’asexuel est une personne ayant éventuellement des pulsions sexuelles mais qu’elle préfère évacuer par la masturbation. Pourvu d’un sexe en bon état de marche, l’asexuel n’a aucunement le désir de le partager avec autrui, cet autrui n’étant pas désirable qu’il soit masculin ou féminin, l’acte sexuel n’étant ainsi qu’une obligation « comme se brosser les dents » même si les sentiments amoureux peuvent exister.

L’absence de goût pour la baise me parait éminemment personnelle, ne regarde personne, ne gêne personne, sinon une ou un partenaire qui ne serait pas dans le même état d’esprit, si l’on peut parler ici d’esprit. C’est là où je me trompe, car les asexuels aspirent à plus de « visibilité », la visibilité asexuelle, c'est-à-dire la visibilité de l’absence de vie érotique pour qu’elle soit  en quelque sorte acceptée comme une identité sexuelle originale.

Le besoin de se grouper en communauté est très tendance. Si quelqu’un fait un pet de travers, ça l’ennuie beaucoup de le faire tout seul, et il aimerait en parler alors que cela n’intéresse pas grand monde, il cherche donc à se grouper avec d’autres personnes qui font également des pets de travers pour créer une communauté des péteurs de travers, ce qui rend le pet plus visible alors que personne ne l’avait remarqué auparavant. L’objectif, en fait, est d’accéder à la position sociale enviable de victimes, car le psychologue canadien affirme que ceux qui ne veulent pas baiser subiraient plus de discriminations que les gays et les lesbiennes. Discriminés par qui ? Car après tout, rester sur la touche favorise plutôt ceux qui veulent aller jouer sur le terrain.

« L’Asexual Visibility and Education Network » (AVEN), fondé en 2001 par l'Américain David Jay, revendique aujourd’hui 70 000 affiliés à travers le monde. En France, « l'Association pour la visibilité asexuelle » (AVA) groupe moins de membres (si j’ose dire), mais elle a choisi la journée du 26 avril pour faire reconnaître l’asexualité en France et pour que les asexuels ne se sentent pas seuls (pauvres choux !). A quand les revendications ?

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