La caricature de Charlie Hebdo montrant Tarik Ramadan, fortement soupçonné d’agressions sexuelles, pourvu d’un énorme pénis et déclarant « je suis le 6ème pilier de l’islam » provoque une flambée de haine et de menaces de mort sur les réseaux sociaux, qui sont de moins en moins sociaux et de plus en plus haineux, à moins que l’insulte, la calomnie, et la menace sous couvert de l’anonymat soient en fait les reflets de notre société peuplée d’une foule tapie derrière les écrans assouvissant dans leur trou leur appétence pour le lynchage et la mort.
Pourquoi ce déchainement des islamophiles (du moins je le suppose) pour une simple caricature concernant un personnage pour le moins controversé, alors qu’aucun personnage connu n’échappe – et heureusement – à la caricature.
Cela dénote d’abord de leur part un manque total d’humour qui est une des caractéristiques de l’islamisme où l’autodérision, à ma connaissance, n’existe pas, ce qui conduit en général à l’absence sclérosante d’autocritique.
Ensuite, pour ceux qui admirent Tarik Ramadan, lui attribuer des attributs aussi considérables devrait être considéré comme plutôt flatteur et enviable.
Mais il y a la déclaration du membré : « je suis le 6ème pilier de l’islam ». S’il s’agit du personnage lui-même, ce qui est suggéré par le « je », il n’y a pas de quoi fouetter un condamné par la charia, car Tarik est très imbu de sa personne et pourrait se considérer comme tel. Cependant les islamophiles pensent peut-être que le membre lui-même pourrait être interprété comme un pilier surnuméraire de l’islam, et il est vrai que le sexe est particulièrement mis en relief dans cette religion. Mais alors que fait-on du « je » ? Ce serait donc Tarik qui introduirait un pilier supplémentaire à l’islam, ce qui, encore une fois, est plutôt flatteur pour son égo.
Ce qui montre bien que les islamophiles sont très très susceptibles, pour ne pas dire paranoïaques.