Les mots ont une destinée imprévisible qui dépend évidemment de l’air du temps. Certains envahissent la médiasphère : on entend qu’eux, et d’autres ont mauvaise presse, si bien que l’on évite de les prononcer, ou l'on palabre sur la signification qui doit leur être donnée.
Parmi ceux qui ont tenu le haut des médias il y avait le mot « diversité » moins entendu aujourd’hui, et que l’on mettait à toutes les sauces. A l’inverse, le mot « identité » était et reste toujours un mot honteux, du moins pour les blancs car il est parfois revendiqué par les "issus de la diversité". Quant au mot "rigueur", il était banni de la bouche des gouvernants alors qu’il s’agit plutôt d’une qualité lorsque l’on gouverne, la douceur et l’approximation ne sont guère préconisées à la tête d’un état.
A présent, le mot « harcèlement » a son heure de gloire et envahit les médias. Il est retrouvé dans toutes les relations : hommes/femmes, enfants/enfants ou chef/subordonné. Bien sûr il recouvre des réalités indiscutables, celles de la cruauté humaine et/ou de l’abus de pouvoir.
Quant à la triade écologique : responsable - renouvelable - durable, elle n'est pas près de s'épuiser, d'autant plus qu'elle fait maintenant partie durablement des slogans publicitaires des entreprises, même les plus polluantes.
Le mot égalité, lui, est omniprésent. Objectif louable des féministes et résiduel de la gauche. Certes, il figure dans la devise de la République, mais il est descendu des frontons pour envahir la place publique. Les égalitaristes ne veulent voir qu’une seule tête et qu’un seul sexe. Le-la Français-e va devenir une drôle de bête informe au sexe indéfini et a l’intelligence nivelée pour ce qu’il en restera.
Il n’est donc pas étonnant, qu’à l’inverse, le mot « sélection » est à bannir ou uniquement prononcé pour dire qu’elle n’existe pas. Nous sommes tous égaux mais il faut se rendre à l'évidence, certains sont plus égaux que d’autres comme le disait Orwell, qui, lui, avait bien du talent.