Les quinze chercheurs (américains et canadiens) qui signent l'article ne sont pas des manchots (Princeton, Harvard, Berkeley…) et ils estiment nécessaire de changer le langage scientifique utilisé jusqu’à présent, car : « la science occidentale est enracinée dans le colonialisme, le suprémacisme blanc et le patriarcat » (on a vraiment l'impression d'un slogan répété bêtement). Ils proposent donc des moyens pour rendre l’écologie et la biologie « plus inclusives pour les communautés marginalisées ». Pour cela il faudrait modifier la terminologie scientifique en révisant ses 24 termes les plus nocifs. Avant de jeter un œil sur quelques termes de la série nocive, notons le mépris sous-jacent qui préside à cette révision destinée à inclure ces pauvres « communautés marginalisés » traumatisées par le langage scientifique auquel elles ont peut-être participé. Comme le « politiquement correct » se préoccupe beaucoup de ce qui se passe en-dessous de la ceinture, ces grosses têtes préfèrent remplacer homme/femme (trop « en faveur des traits masculins ») par mâle/femelle, incontestablement plus élégant, mais là les grosses têtes ont un doute car cette distinction pourrait renforcer « des notions socialement imposées par la binarité du sexe, visant à donner la primauté aux perspectives cis et hétéronormatives ». Notons en passant que ces biologistes considèrent que la combinaison chromosomique XX ou XY, le pénis ou le vagin et tout ce qui va avec sont imposés par la société, la binarité du sexe étant privilégiée dans une perspective quasiment complotiste pour assurer la copulation entre les mâles et les femelles. De la même façon le couple père/mère, insupportable, est avantageusement remplacé par « parent » « producteur d’œufs ou producteur de sperme » car père et mère « perpétuent une perspective hétéronormative et cisnormative non universelle sur la parentalité et le processus de naissance ». Le terme « hermaphrodite » serait un horreur « terme insultant pour nuire aux individus trans ou intersexe », leur préférence irait à « monoèce » (?) ou « bi-gamètique ». J’ai toujours pensé que les diplômes ne protégeaient pas de la bêtise, mais ils ne protègent pas non plus les connaissances de l'idéologie. On peut enfin s'étonner qu'une petite minorité de la population, alors qu'elle n'est aucunement négligée dans les démocraties libérales, ait réussi à imposer à tous leur façon d’appréhender le monde en balayant les repères de la grande majorité dont une partie de l'élite se complait dans la culpabilité d'être ce qu'elle est.