L’écologie est devenue ces dernières années le moteur nécessaire et omniprésent de toute publicité, avec son jargon convenu : durable, responsable, renouvelable, respectable, respectueux …etc… avec parfois une cerise « citoyenne » ou "solidaire" sur le gâteau. Toutes les entreprises en passent par là, y compris les plus polluantes dans un opportunisme trop visible et qui finit par rendre leur publicité contre-productive. Slate a l’intérêt de préciser la durée de lecture des articles publiés, et sauf si le sujet m’intéresse particulièrement, je ne lis pas les articles dont la lecture dépasse 5 min. Celui-ci était limite et sa lecture m’a permis de constater que ce qui pouvait éventuellement se rapporter à l’accroche ne durait pas une minute : « modèle d’entreprise durable… Là, il rassemble ses engagements et ses combats pour une cuisine à responsabilité sociale et environnementale…il propose sa vision de la gastronomie de demain en conjuguant écologie et innovation…le label "Bleu-Blanc-Cœur", valorisant ainsi des filières de qualité, un approvisionnement et des modes de production responsables pour la terre et les hommes ». C’était évidemment de la poudre (renouvelable) aux yeux, les 4min qui restaient étant consacrées à la femme du cuistot qui s’était chargée du décor et au cuistot lui-même qui étalait son génie, sa bonne conscience, et ses menus. Les écologistes devraient prélever une taxe sur les publicités basées sur l’écologie plutôt que de barbouiller les tableaux des grands peintres d’aliments divers en ne respectant pas l’environnement des musées et en faisant preuve d'une inculture bio.
Illustration : Peter Aertsen "Etal de boucher"