« Des chercheurs saoudiens ont lancé, en collaboration avec un institut américain, un projet visant à séquencer le génome de la population saoudienne pour mieux identifier les causes de maladies graves répandues dans le royaume ». (AFP)
Le programme vise à établir en 5 ans la carte génétique des Saoudiens « et marquera le début d'une ère de soins personnalisés dans le royaume d'Arabie saoudite ».
Je souhaite bien du courage aux Saoudiens. Non pour l’établissement des cartes génétiques au niveau national car la technique est au point et maintenant peu onéreuse, surtout dans un pays qui ne manque pas de moyens, mais sur les conséquences de ce fichage intime de tous les individus.
S’il existe environ 6000 maladies monogéniques provoquées par la mutation d’un seul gène et qu’il est souhaitable de dépister pour permettre d’expliquer les troubles du patient, peu sont aujourd’hui accessibles à la thérapeutique génique consistant à remplacer le gène délétère. La plupart des maladies dites ordinaires peuvent dépendre de plusieurs gènes, de leur interaction et de l’environnement, si bien que leur survenue n’est pas fatale. En outre, s’il s’agit de maladies graves, elles le sont justement parce que nous ne disposons pas encore de traitement pour lutter contre elles.
Ainsi annoncer à un individu qu’il est menacé de une ou plusieurs maladies (c’est souvent le cas) sans que l’on dispose des moyens de la prévenir de façon certaine ou d’une thérapeutique efficace est assez sadique. Certes, on peut parfois proposer une prévention par une hygiène de vie (bonne pour tous) mais sans la certitude d’être efficace contre la programmation génétique ou encore l’ablation des deux seins d’une femme jeune en cas de prédisposition génétique au cancer du sein, ce qui est tout de même radical (mais sans conséquences fâcheuses pour le mari lorsqu’il est polygame).
La charia proposant des solutions expéditives pour les délinquants de ce pays, ceux-ci n’ont pas intérêt à laisser traîner leur ADN sur les lieux de leurs forfaits, et les femmes à faire des écarts de conduite car la recherche de paternité sera aisément et rapidement faite. J’ignore si dans l’avenir la carte génétique individuelle ne sera pas demandée avant de contracter un mariage, ce qui ne serait pas sans intérêt si l’on veut éviter l’éclosion de certaines maladies chez l’enfant futur ou si les compagnies assurances ou les employeurs ne l’exigeront pas avant de signer un contrat, ce qui serait dans leur intérêt.