Pour Noël, François a reçu un sabre, un vrai, pas en bois, et tout neuf n’ayant jamais servi à amputer des membres. Un cadeau de la part de la famille Séoud, une famille à l’aise après avoir piqué les lieux saints aux Hachémites, qui étaient pourtant leurs gardiens depuis huit siècles. De son vaste domaine acquis de droit divin, mais aussi par les armes, c’est plus sûr, elle fait couler le pétrole sur lequel elle était par hasard assise. Les oppositions mécréantes à cette famille méritante étant prestement éradiquées pour la plus grande paix du royaume et celle des ménages.
François déjà parti en guerre à deux reprises semblait content de son cadeau. Venu pour vendre quelques grosses babioles et notamment des armes, avant que les Saoudiens n’achètent en France les usines qui les fabriquent, il se trouva à son tour armé d’un sabre et déclara, en le regardant, qu’il en aura besoin. Certains ministres ont sans doute ressenti quelques picotements au niveau du cou.
La famille Séoud n’a cependant pas été jusqu’à offrir à François un kit à lapidation pour ne pas jeter une pierre dans l’eau limpide des droits de l’homme et de la femme, sachant à quel point leur hôte leur était attaché, allant jusqu’à bouder Poutine qu’il ne trouve pas assez orthodoxe dans ce domaine, bien qu’élu régulièrement. Il est vrai que l’on ne peut pas vendre des armes au Président russe, car il a déjà les siennes.