Aujourd'hui, beau temps sur Paris. Au parc Montsouris, les jeunes adultes, chacun avec son instrument, se sont donnés à fond. (Vous pouvez agrandir en cliquant sur l'image)
Une jeunesse dynamique ? Plus les temps sont durs, plus elle est molle. Et mimétique. Un moyen de défense contre le prédateur. Le caméléon est le plus connu. D'autres animaux ressemblent à des feuilles (phasme) ou à des troncs d'arbres (crocodile). Le para en tenue de camouflage.<br />
Le maillon manquant, à mes yeux, c'est le mimétisme du jeune Français réputé râleur et déprimé avec le sympa et le mignon japonais. Les peluches et les "même pas peur" place de la République après un attentat. L'engouement pour le kitsch enfantin du Pokémon Go.
Dans un billet sur ce sujet, Corto signalait qu'à la suite d'une rumeur affirmant qu'un pokémon très rare pouvait être attrapé dans une rue de Paris, des centaines de personnes se sont rassemblées dans cet endroit. Corto soulignait le danger de cette technique nouvelle et faisait remarquer qu'il est désormais devenu facile d'amener des gens où on veut qu'ils aillent.
Moi, je suis plus tolérant et je mets ce genre de hobby compulsif au même niveau intellectuel et ludique que les activités addictives qui l'ont précédé : labyrinthes et mots fléchés, lecture assidue de tabloïds people, aller voir les avions décoller, réunion tupperware...
Etes-vous certain qu'ils jouent à Pokemon Go ? Si ça se trouve, ils sont en train de "visionner" des scènes de viols collectifs ou de décapitation, ce qui est une autre utilisation très fréquente du smartphone !
Réalité augmentée ou diminuée ?<br />
Le progrès est un concept attachant… Il y a trente ans, lorsqu’on prenait le métro, tout le monde lisait le journal. Il y a cinq ans, tout le monde faisait défiler des bonbons sur son smartphone, l’air abruti du mouton urbain contemporain ouvertement affiché. <br />
Aujourd’hui il semble qu’on ait touché le fond : des adultes courent, « dans la vraie vie », après des bestioles qui n’existent pas. <br />
Rappel des faits pour les lecteurs qui vivraient sur Mars : depuis quelques jours, un nouveau virus déferle sur l’Occident. Le jeu Pokémon Go, basé sur un principe de « réalité augmentée » (l’expression est une merveille en soi), indique sur votre smartphone les endroits où se trouvent des Pikachu, Bulbizarre et Roucool qu’il s’agit d’attraper via sa Poké Ball et autres niaiseries virtuelles. Bref, des hommes et des femmes d’âge respectable voient désormais la vie comme un jeu de piste idiot et courent d’un endroit à l’autre avec leur téléphone dans l’espoir de capturer une créature inventée par des cerveaux malades japonais. […]<br />
(Nicolas Ungemuth. p.18, Le Figaro Magazine du 5 août 2016)