politique

Publié le 29 Octobre 2013

Bien qu’elle ne soit pas nouvelle, le débat politique semble de plus en plus pollué par une tendance à s’en prendre aux caractéristiques physiques ou à l’aspect des femmes ou des hommes politiques avec lesquels on est en désaccord.

Ce fut le cas pour Sarkozy, volontiers traité de nain. C’est le cas d’Hollande dont on moque l’aspect rondouillard, les costumes et la cravate de travers. Mais c’est Taubira qui recueille un maximum d’insultes débiles et de malveillance. Une candidate FN aux municipales l’a comparé à un singe (elle a été exclue de son parti) et le summum s’est déroulé à Angers :

« Lors d'un déplacement de la ministre de la Justice à Angers, dimanche 27 octobre, des insultes à caractère raciste ont été entendues par plusieurs journalistes d'AngersMag sur place. Ceux-ci ont constaté que les invectives étaient proférées par des enfants, qui criaient "C'est pour qui la banane ? C'est pour la guenon !", ou encore "Taubira casse-toi, Taubira tu sens mauvais". Les mineurs impliqués dans ces dérapages étaient avec leurs parents, se revendiquant de la "Manif pour tous" » (mais le collectif a par la suite désavoué cette manifestation enfantine ou plutôt infantile).

Cette fillette de 12 ans qui brandissait une peau de banane est le produit de l’éducation de parents qui prétendent donner des leçons sur la famille et la façon d’élever les enfants. Ils ont mis courageusement en avant leur progéniture dont le degré de culture n’atteindra sans doute jamais celui de la ministre de la Justice que l’on soit pour ou contre son action.

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Publié le 27 Août 2013

Les hommes et les femmes politiques sont les cibles privilégiées de la toile. Il y a une concurrence entre internautes dans le jet d’avanies, d’opprobre, d’insultes, voire de calomnies à la face des représentants de la Nation.

Dans un sentiment de justice, je voudrais ici défendre la noble corporation politicienne tant décriée, tant critiquée et même – disons-le - tant vomie et pourtant nécessaire.

D’abord, il est difficile de devenir politicien et de le rester suffisamment longtemps pour en faire une profession. Il faut être choisi par un parti, ce qui suppose qu’il est souvent indispensable d’écraser les pieds des copains, voire de médire sur leur compte. C’est sûrement la mort dans l’âme qu’ils sont obligés de le faire, mais – sachez-le - ils ne le font que pour être utiles au pays avec le sentiment proclamé qu’ils ont une mission à accomplir. Bien sûr si l’on a fait de hautes études, par exemple à l’ENA, les postes sont plus aisés à obtenir, mais vous n’allez tout de même reprocher aux politiques d’être fidèles en amitié !

Les élections sont une torture. D’abord, elles sont aléatoires, ce qui est ennuyeux, la coaptation serait tellement préférable, mais heureusement, elle vient après. Ensuite, faire campagne n’est possible que pour des forces de la nature. Rendez-vous compte : il faut faire des réunions, parfois houleuses, du porte à porte, parcourir les marchés, se frotter au petit peuple, serrer des mains moites et parfois sales, écouter des âneries et bien pire, subir des reproches. Ne faut-il pas du courage ? Heureusement, ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Après, il est préférable d’éviter les contacts avec les gens d’en bas si l’on veut avoir une hauteur de vue suffisante pour rester objectif dans ses décisions. Pourquoi leur reprocher d’être dans une bulle sur les cimes, bien à l’abri des aléas de la vie afin de conserver toute leur lucidité, le regard fixé sur des horizons invisibles au commun des mortels, entourés de petites bulles qui essayent de ne pas péter. Il faut flotter et s’accrocher aux hauteurs pour ne pas sombrer dans les remous de la vallée des larmes.

Et les discours ! Dire toujours la même chose sans jamais se lasser, dire le contraire de ce que l’on pense avec une sincérité qui n’est pas donnée à tout le monde, faire des promesses la main sur le cœur et le portefeuille à droite, en sachant que l’on ne pourra pas les tenir (sauf pour l’augmentation des impôts qui est à la portée de n’importe quel imbécile, il suffit de remplacer le mot impôt, très indigeste, par celui de contribution). Vous pourriez réaliser de telles prouesses les yeux dans les yeux ?

La vie des politiciens est trépidante, inhumaine, leurs fonctions multiples et parfois aux quatre coins de l’hexagone. Alors on leur dit pour leur santé, on les supplie : ne cumulez pas les mandats, c’est trop, vous allez y laisser votre peau ! Et bien non, ils refusent, ils iront courageusement jusqu’au bout quel que soit le prix à payer. Vous ne pouvez pas dire qu’ils n’ont pas le sens du sacrifice au service de la Nation.

Malgré les confrontations endurées, les ambitions déçues, les amitiés perdues, les mensonges assumés, les promesses non tenues, et les échecs niés, regardez comme ils continuent à sourire et même à faire les pitres. Ne sont-ils pas admirables !

 

Plaidoyer pour les politiques.

 

 

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #politiciens, #Politique

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Publié le 21 Août 2013

André Comte-Sponville (ACS) est un passeur de philosophie que j’aime bien[1]. Sa langue est claire et pédagogique. A propos de la prochaine sortie de la deuxième édition de son « Dictionnaire philosophique » (le 28 août d’après mon libraire) il a répondu aux questions d’un journaliste du Point (du 15 août 2013). Dans cet ouvrage il y aurait une nouvelle entrée : « politiquement correct » et à la question : « …estimez-vous que le politiquement correct a gagné du terrain ? » sa réponse a été la suivante : «Oui, malheureusement ! La politique est en crise ; la morale est à la mode. D’où la tentation, chez beaucoup, d’ériger les bons sentiments en projet politique. Le politiquement correct, en tout cas en France, est d’abord un moralement correct ! J’y vois un danger plus qu’un progrès. La morale et la politique sont deux dimensions essentielles de notre vie, mais on a toujours tort de les confondre. Il ne suffit pas d’être antiraciste, par exemple, pour définir une bonne politique de l’immigration. » En cela ACS s’oppose à Rousseau qui disait : «Ceux qui voudront traiter séparément la politique et la morale n’entendront jamais rien à aucune des deux ». Mais Rousseau vivait à une époque bien différente de la nôtre.

Ce qu’on appelle le politiquement correct est avant tout un langage, des discours, des attitudes et des opinions. Obliger les gens à utiliser un mot plutôt qu’un autre, c’est suivre la tendance morale du moment et l’influence des groupes de pression. Le vocabulaire change jusqu’au ridicule pour ne pas heurter la susceptibilité exacerbée de telle ou telle fraction de la population. Le vocabulaire, c’est de la cosmétique, mais pas de la politique, c'est-à-dire gouverner.

Cette morale est largement imprégnée du rejet de la négation des valeurs humaines observée pendant la IIème guerre mondiale, et dont on craint le retour. L’Union européenne est particulièrement vigilante au respect de ces valeurs. Elle est aussi une conséquence de la repentance de l’ère coloniale. C’est une prise de conscience nécessaire, mais ce n’est pas faire de la politique. Condamner (parfois devant les tribunaux) des opinions parce qu’elles heurtent l’opinion majoritaire ou des principes adoptés ou imposés au plus grand nombre, est-ce gouverner  ou niveler la pensée ? Il est vrai que niveler la pensée est un principe de gouvernement.

Est-ce à dire que la politique ne doit pas tenir compte de la morale (je ne parle pas de la moralité individuelle) ? Il existe des opinions moralement incorrectes qui, dans leur expression, poussent à des exactions ou même au meurtre et les condamner pour maintenir l’ordre, c’est faire de la politique.

Mis à part les opinions dangereuses qui propagent la haine, le politiquement correct, tel qu’il est imposé, est souvent une attitude d’évitement et en se substituant à la politique, car il est plus simple de faire de la morale que de la politique, il finit par cultiver les difficultés plutôt que de les résoudre. Se contenter du moralement correct risque d’aboutir à un politiquement incorrect.


[1] Si vous ne l’avez pas déjà lu, je vous conseille de lire un de ses livres ; « L’esprit de l’athéisme » qui montre que l’athéisme a aussi sa spiritualité.

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