Les hommes et les femmes politiques sont les cibles privilégiées de la toile. Il y a une concurrence entre internautes dans le jet d’avanies, d’opprobre, d’insultes, voire de calomnies à la face des représentants de la Nation.
Dans un sentiment de justice, je voudrais ici défendre la noble corporation politicienne tant décriée, tant critiquée et même – disons-le - tant vomie et pourtant nécessaire.
D’abord, il est difficile de devenir politicien et de le rester suffisamment longtemps pour en faire une profession. Il faut être choisi par un parti, ce qui suppose qu’il est souvent indispensable d’écraser les pieds des copains, voire de médire sur leur compte. C’est sûrement la mort dans l’âme qu’ils sont obligés de le faire, mais – sachez-le - ils ne le font que pour être utiles au pays avec le sentiment proclamé qu’ils ont une mission à accomplir. Bien sûr si l’on a fait de hautes études, par exemple à l’ENA, les postes sont plus aisés à obtenir, mais vous n’allez tout de même reprocher aux politiques d’être fidèles en amitié !
Les élections sont une torture. D’abord, elles sont aléatoires, ce qui est ennuyeux, la coaptation serait tellement préférable, mais heureusement, elle vient après. Ensuite, faire campagne n’est possible que pour des forces de la nature. Rendez-vous compte : il faut faire des réunions, parfois houleuses, du porte à porte, parcourir les marchés, se frotter au petit peuple, serrer des mains moites et parfois sales, écouter des âneries et bien pire, subir des reproches. Ne faut-il pas du courage ? Heureusement, ce n’est qu’un mauvais moment à passer. Après, il est préférable d’éviter les contacts avec les gens d’en bas si l’on veut avoir une hauteur de vue suffisante pour rester objectif dans ses décisions. Pourquoi leur reprocher d’être dans une bulle sur les cimes, bien à l’abri des aléas de la vie afin de conserver toute leur lucidité, le regard fixé sur des horizons invisibles au commun des mortels, entourés de petites bulles qui essayent de ne pas péter. Il faut flotter et s’accrocher aux hauteurs pour ne pas sombrer dans les remous de la vallée des larmes.
Et les discours ! Dire toujours la même chose sans jamais se lasser, dire le contraire de ce que l’on pense avec une sincérité qui n’est pas donnée à tout le monde, faire des promesses la main sur le cœur et le portefeuille à droite, en sachant que l’on ne pourra pas les tenir (sauf pour l’augmentation des impôts qui est à la portée de n’importe quel imbécile, il suffit de remplacer le mot impôt, très indigeste, par celui de contribution). Vous pourriez réaliser de telles prouesses les yeux dans les yeux ?
La vie des politiciens est trépidante, inhumaine, leurs fonctions multiples et parfois aux quatre coins de l’hexagone. Alors on leur dit pour leur santé, on les supplie : ne cumulez pas les mandats, c’est trop, vous allez y laisser votre peau ! Et bien non, ils refusent, ils iront courageusement jusqu’au bout quel que soit le prix à payer. Vous ne pouvez pas dire qu’ils n’ont pas le sens du sacrifice au service de la Nation.
Malgré les confrontations endurées, les ambitions déçues, les amitiés perdues, les mensonges assumés, les promesses non tenues, et les échecs niés, regardez comme ils continuent à sourire et même à faire les pitres. Ne sont-ils pas admirables !
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