insemination

Publié le 19 Octobre 2014

163. Les firmes se penchent sur les berceaux

La conservation de convenance pour une femme de ses propres ovocytes est interdite en France mais autorisée dans plusieurs pays. Ainsi, aux Etats-Unis, 5 000 enfants seraient nés après congélation par leur mère de leurs ovocytes. Le prélèvement des ovocytes nécessite une stimulation ovarienne et une petite intervention le plus souvent sous anesthésie locale. Mais le coût de la technique de congélation s’élève à 10 000 dollars par tentative (7 900 euros) auxquels s’ajoutent les 500 dollars par an pour assurer le stockage (environ 400 euros). Les femmes sont donc parfois amenées à sacrifier leurs ambitions professionnelles pour avoir un enfant tant qu’il est encore temps, car cette période correspond à celle où leur carrière commence à se dessiner.

Apple envisage et Facebook propose déjà d’offrir dans leur couverture santé la prise en charge des frais liés à la conservation d’ovocytes et ce jusqu’à 20 000 euros. Cette initiative soulève une polémique.

Quel est l’intérêt pour la femme ?

Choisir le moment de sa grossesse, sachant que les ovules conservés sont des ovules jeunes avec un meilleur potentiel que les ovules libérés à un âge plus avancé, quand ils ne sont pas absents, mais une grossesse tardive n’est pas anodine.

Choisir ce moment en fonction du plan de carrière et éventuellement de la rencontre du compagnon espéré. Ce qui est admettre que dans les conditions habituelles, il est parfois difficile de concilier sa progression professionnelle et une vie de famille, contrairement à un homme.

Quel est l’intérêt pour l’entreprise ?

Elle peut passer pour généreuse et favoriser la féminisation de ses employés, car actuellement on y compte deux hommes pour une femme, et permettre aux talents féminins de s’exprimer. Elle peut aussi se targuer de promouvoir l’égalité, ne serait-ce que donner aux femmes la possibilité de conserver leurs ovocytes comme les hommes ont celle de conserver leur sperme.

Mais ne cherche-t-elle pas également à ne pas perturber la bonne marche de l’entreprise par la survenue de grossesses intempestives ? Ce qui serait un peu considérer la femme comme une valeur marchande.

La proposition de ces entreprises est une intervention manifeste dans la vie intime de son personnel féminin, et sous couvert de générosité, il n’est pas exclu qu’elles puissent exercer ultérieurement des pressions pour inciter les femmes à choisir le moment de leur grossesse en fonction de l’intérêt de la firme. « Chère amie si vous pouviez sortir votre ovule du placard dans un an, cela nous arrangerait ».

D’une façon plus générale

Cette initiative montre à quel point le fossé se creuse entre l’acte sexuel et la procréation en opposition avec les religions monothéistes qui conçoivent l’acte sexuel comme visant essentiellement à la procréation, le plaisir que l’on peut en retirer étant en quelque sorte un « mal » nécessaire. Mais la distinction vécue entre sexualité et procréation ont été marquées ces dernières années par leur séparation physique, les gamètes n’ont plus besoin des corps pour s’accoupler mais ont encore besoin de celui de la femme pour se développer. Avec l’insémination artificielle et la fécondation in vitro, le corps de l’homme lui-même peut maintenant être exclu de la procréation.

Berthe Morisot « Le berceau »

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Publié le 14 Juin 2014

158. Les 343 fraudeuses

Le 6 juin dernier est paru dans Libération « l’appel des 343 fraudeuses » réclamant le droit en France à la PMA pour les lesbiennes (parfois curieusement dénommé « PMA pour tous ») car obligées de se faire inséminer à l’étranger en contradiction avec la loi française actuelle, et ramenant leurs enfants dans l’hexagone où elles désirent les adopter légalement, ce qui fut récemment refusé pour un couple de lesbiennes. En effet pour les juristes «  on ne peut pas fonder un droit sur une violation de la loi. » « On peut légitimement être choqué de personnes se revendiquant comme françaises qui vont violer la loi de leur pays à l’étranger pour ensuite vouloir forcer les termes de la législation française en se retranchant derrière l’enfant conçu illégalement. » (Jean-Pierre Rosenczweig).

Il semble que cet appel a plutôt fait un flop. D’abord, publier un appel qui se veut solennel le jour où l’on commémore en grandes pompes le débarquement allié en Normandie est une erreur de « timing ». Ensuite, mettre en parallèle cet appel avec celui fait en 1971 (« Manifeste des 343 salopes ») pour légaliser l’avortement, revendication qui intéressait toutes les femmes en réclamant la liberté de disposer de leur corps, c’est mettre en parallèle deux revendications qui n’ont rien à voir entre elles. Enfin, cet appel avait toutes les chances de ne pas être entendu de la part du gouvernement qui préfère aujourd’hui ne pas entamer un tel débat qui ne peut être que « clivant ». Avec tout le respect que je dois aux lesbiennes, il s’agit surtout, pour parler franc, d’une histoire de fesses (la façon de satisfaire sa sexualité) qui n’intéresse qu’une minorité d’individus.

« L’appel des 343 fraudeuses » commence par les deux paragraphes suivants :

«Chaque année, des milliers de femmes ont recours à une PMA à l’étranger dans le but de fonder une famille.

D’autres le font dans des conditions dangereuses pour leur santé en raison de l’exclusion à laquelle elles sont condamnées alors que cette même intervention est autorisée en France pour les couples hétérosexuels. »

Là encore mettre en parallèle la PMA pour les couples de lesbiennes et les couples hétérosexuels est une assimilation porteuse mais erronée. Assister médicalement la procréation d’un couple hétérosexuel, c’est pallier leur infertilité liée le plus souvent à une pathologie qu’elle vienne de l’homme ou de la femme, l’intervention médicale peut se justifier. Dans le cas d’un couple lesbien, il ne s’agit pas d’infertilité mais de convenance personnelle : le refus du rapport sexuel avec un homme, ce qui n’empêche pas les lesbiennes de simuler l’hétérosexualité en s’harnachant de sex-toys. On ne voit pas pourquoi cette convenance personnelle devrait être prise en charge par l’Assurance maladie.

Dans l’extrait de l’appel reproduit il est souligné les « conditions dangereuses pour leur santé ». On ne voit pas à quoi il est fait référence. A moins d’infecter au préalable le sperme que l’on veut déposer dans le vagin, on ne voit pas où est le danger. Le seul problème pour ces dames est d’avoir du sperme et la PMA leur permettrait de s’en procurer de façon anonyme. Et voilà le fond de leur revendication.

Comme l’avait déclaré le biologiste Jacques Testart en parlant de l’IAD (insémination avec donneur) dans une tribune publiée par le Monde en 2013 : « Si l’asepsie sexuelle est exigée, elle est à la portée de tous. Un réceptacle (un verre) pour recueillir le sperme, puis une paille ou un cathéter pour l’administrer si possible avec l’aide d’un spéculum, voilà à quoi peut se résumer « la technologie ».

Sauf s’il est le donneur de sperme, un médecin n’est pas indispensable. Mais on se demande, en définitive, pourquoi le médecin s’est mêlé de la procréation au point de devenir un prestataire de service pour assouvir des désirs.

Courbet : « Le sommeil »

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #insémination, #lesbienne, #PMA, #procréation

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Publié le 4 Août 2013

Baisse des réserves bancaires. Il s’agit des  « banques » de gamètes. Le don de sperme en France a subi en un an une baisse de près de 50% ! D’après le président de la fédération des CECOS, plus que le débat autour de l’anonymat du don (qui est maintenu), il semblerait que la cause en soit l’ouverture du mariage entre homosexuels, et l’incertitude quant à l’évolution de la législation sur la PMA. Nombre de donneurs ne veulent pas que leur sperme soit utilisé dans le cadre d’une éventuelle procréation assistée pour un couple homosexuel.

Père importun. Un couple de lesbiennes désirant un enfant et ne voulant pas se rendre en Belgique pour une insémination, a demandé à un ami du genre masculin de féconder l’une d’entre elles. Qu’allez-vous penser ! Pas par un rapport sexuel, mais par une insémination artisanale avec le sperme amical. Seulement, voilà, l’ami du genre masculin s’est découvert à cette occasion la fibre paternelle, a réclamé la paternité de l’enfant ainsi conçu et l’a obtenue. Heureux bambin : deux mamans et un papa pour lui tout seul ou comme diraient certains avec une exquise délicatesse : quatre nichons, deux roustons.

Le retour de la nourrice. « Une jeune femme, infirmière de formation, propose sur un site de location, de louer ses seins pour nourrir les nourrissons de couples homosexuels masculins, contre 100€ par jour ».

“Je suis une jeune maman en pleine santé, infirmière de formation, 29 ans, et loue mes seins pour l'allaitement de nourrissons. Je suis sur la région parisienne, me déplace. Et en une journée je propose jusqu'à une dizaine de prises pour votre bébé. Les couples d'hommes homosexuels n'ont pas la chance de pouvoir allaiter leur bébé […]. Non sérieux s'abstenir”. Selon le site de location, deux demandes ont été faites en une semaine (source : france3.fr). Une de mes amies, infirmière vivant aux USA, s’est activement occupée du bébé acquis par un couple ami de gays

Retraite rose. Le maire de Sallèles d’Aude (2000 habitants) a été surpris de découvrir le 30 juillet qu’il avait délivré un permis de construire à une société britannique (Villages group) pour un village destiné aux retraités homosexuels actifs de plus de 50 ans et qui doit être dénommé : « Village-Canal du Midi »[1]. Les activités seront nombreuses, j’ignore si la montée des couleurs arc-en-ciel en fera partie.


[1] Toute plaisanterie en référence au canal anal serait déplacée

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