euthanasie

Publié le 25 Juin 2014

« Nicolas Bonnemaison, urgentiste bayonnais de 53 ans, était jugé depuis le 11 juin pour avoir abrégé la vie de sept patients âgés et très malades, en leur administrant hors protocole des médicaments ayant entraîné leur mort. Après 10 jours de débats, il a été acquitté de la totalité des faits »

« Empoisonnement » était le motif de l’accusation, accusation d’une sévérité qui ne correspondait pas aux circonstances dans lesquelles les actes de ce médecin avaient été commis puisque c’est la compassion qui l’avait poussé à les commettre.

En l’acquittant, le jury a donc entériné son comportement et justifié ses actes. Pour ma part, je ne pense pas que ce médecin méritait une « punition » pour avoir fait preuve de compassion aussi bien pour les malades que pour la majorité des familles, mais je lui reproche néanmoins d’avoir pris seul ses décisions sans solliciter l’avis de l’équipe médicale et des familles concernées.

Cet acquittement pur et simple aura évidemment des conséquences :

Le conseil de l’Ordre des médecins qui s’était empressé de le radier de la profession se trouve ainsi en porte-à-faux avec la décision judiciaire, que va-t-il décider pour l’avenir du Dr Bonnemaison ?

Des médecins dans les mêmes circonstances –et elles existent tous les jours et partout – ne vont-ils pas se croire autorisés à se comporter en démiurge, et décider dans leur coin de qui doit mourir et de qui doit continuer à vivre?

La loi Leonetti qui s’efforçait d’encadrer la fin de vie est dépassée, en partie parce que les possibilités qu’elle offre ne sont pas toujours appliquées.

Acquitter un médecin ayant abrégé, par sa seule décision, la vie de 7 patients, c’est aussi entériner cette forme d’euthanasie, et ouvrir le débat sur sa légalisation, alors que le gouvernement ne semble pas prêt à ouvrir pour l’heure un nouveau débat de société qui diviserait encore la population, ce qui est une spécialité française.

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #Bonnemaison, #euthanasie, #fin de vie

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Publié le 30 Janvier 2014

Depuis la présidence socialiste les lois sociétales se succèdent, projetées sur le devant de la scène, et conduisant immanquablement à diviser la société.

L’euthanasie, selon toute vraisemblance, sera le prochain sujet de mécontentement pour les uns et de satisfaction pour les autres, d’autant plus qu’elle a été légalisée et depuis au moins une décennie dans les pays voisins, légalisation qui n’a guère fait de vagues dans ceux-ci alors que l’on peut s’attendre en France à de vives protestations au besoin dans la rue.

Dans le milieu médical, en dehors des erreurs commises par les médecins eux-mêmes, il y a trois façons de faire mourir un patient selon son état :

La première est le suicide assisté, le patient en pleine conscience demande à être tué par un médecin qui admet les raisons du suicide, mais qui se comporte nécessairement en bourreau. En fait, le patient aurait la possibilité de se suicider lui-même mais préfère la méthode douce.

La deuxième est l’interruption active de la vie d’un patient ayant un handicap majeur sans aucun espoir de récupération et réclamée par le patient lui-même alors que sa vie n’est pas directement menacée à moyen terme.

La troisième est de laisser mourir un patient plus ou moins végétatif et dont l’état n’a aucune chance de s’améliorer après un temps d’observation suffisamment long qui peut se compter en années. Cette forme d’euthanasie passive est courante en France depuis longtemps et renforcée par la loi Léonetti qui prévoit en outre que la cessation du traitement peut être réclamée par le patient lui-même lorsqu’il peut s’exprimer ou lorsqu'il l'a fait de façon anticipée. La décision est toujours collégiale.

L’affaire Vincent Lambert est donc des plus curieuses. Tétraplégique proche de l’état végétatif, il est nourri et hydraté depuis cinq ans, ses fonctions vitales ne sont pas maintenues artificiellement (en dehors de la nutrition), mais sans espoir de récupération selon l’équipe médicale. Celle-ci, en accord avec la plus grande partie de la famille, a jugé licite d’interrompre l’alimentation artificielle. Cette interruption a été considérée comme illégale par une ordonnance prise par le tribunal administratif de Chalons en Champagne saisi par une partie (minoritaire) de la famille, considérant que nourrir le patient n’était pas maintenir sa vie artificiellement. Le Conseil d’Etat devrait trancher.

On voit que dans ce cas (comme dans d’autres), la justice prend une décision médicale, compétence qu’elle n’a pas, en opposition avec l’équipe médicale. Ce qui est ahurissant, et qui vient à l’appui de ceux qui veulent légiférer sur l’euthanasie, jugeant la loi Léonetti insuffisante.




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Rédigé par Dr WO

Publié dans #Euthanasie, #Lambert, #Léonetti

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Publié le 5 Octobre 2013

DélireLe Pr Jean-François Mattéi, lorsqu’il était ministre de la Santé sous Chirac, a marqué les esprits par son apparition décontractée sur les écrans TV, vêtu d’un simple polo, sans avoir quitté son lieu de vacances  pendant la canicule mortelle de 2003. Il vient encore de se singulariser sur Europe 1 en déclarant à propos du Belge ayant réclamé et obtenu d’être euthanasié car insatisfait du résultat obtenu après sa transformation de femme en homme :

« Mais, de là à l’euthanasie, qui irait vers les malades mentaux, puisque c’est une maladie mentale en l’occurrence, ce changement de sexe raté, le fait qu’on n’est pas à l’aise dans un corps, ni dans l’un ni dans l’autre ... bon, attendez. L’euthanasie pour les malades mentaux, ensuite pour les accidentés de la route… »

Le malheureux, que va-t-il chercher là ? La transsexualité : un trouble de la personnalité ? Lever de boucliers, notamment sur les réseaux sociaux. Ne sait-il pas que la HAS par un décret publié en 2010 a décidé, officiellement, que la transsexualité n’était plus une maladie mentale, et qu’il était tout à fait normal que l’on puisse considérer que son corps n’est pas le sien. Croire le contraire serait du délire. D’ailleurs, c’est la raison pour laquelle les traitements médicaux et chirurgicaux nécessaires pour transformer son corps en adéquation avec son esprit sont intégralement pris en charge par l’Assurance maladie (Affection de longue durée, hors liste).

Julie Andrews dans le film « Victor, Victoria »

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