contraception

Publié le 20 Novembre 2013

 

"Repasser" ce sein que je saurais voir

En Afrique équatoriale, et notamment au Cameroun, nombre de mères (on parle de 20% dans certaines régions), souvent avec l’aide énergique de membres féminins de la famille, « repassent » les seins naissants de leurs filles en écrasant la chair avec « des pierres chaudes, des pilons, voire des épluchures de bananes plantains passées au préalable sur le feu ». Inutile de dire qu’il s’agit d’une véritable torture.

Le but recherché de cette tradition ancestrale que l’on hésite à qualifier de « culturelle » est de supprimer les signes extérieurs de la féminité afin de retarder l’âge du premier rapport sexuel. Moyen de contraception sauvage qui peut laisser des séquelles, et inefficace : près d’un tiers des jeunes Camerounaises se retrouvent mères avant l’âge de 16 ans, la plupart étant mariées dès la puberté. Si bien que certaines adolescentes s’infligent elles-mêmes ce supplice afin d’échapper à une union précoce et pouvoir continuer leur scolarité.  

Moins connue que l’excision, cette mutilation se déroule dans le cadre familial où les mères font subir à leurs filles ce qu’elles ont elles-mêmes subi en essayant de les protéger le plus longtemps possible de l’appétit des mâles.

Source : « Rue 89 »

Sebastiano del Piombo : « Le martyre de sainte Agathe »

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #Afrique, #contraception, #mutilation, #puberté, #seins

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Publié le 20 Octobre 2013

146. Vue du col

La toile est un espace virtuel public où l’on trouve de tout. Du savoir, de l’art, des opinions, du mensonge, de la haine, des complots, et de l’exhibitionnisme. L’exposition de son intimité, notamment corporelle, est monnaie courante et elle peut même être monnayée.

Un record, me semble-t-il, a été atteint récemment. Une étudiante en art, dans une perspective artistique [ ?!] a décidé avec l’aide de son compagnon de photographier son col de l'utérus chaque jour de son cycle menstruel, puis de publier les photos sur son site Internet. Les curieux (les voyeurs ?) n’ont pas manqué car la vision de son col utérin a d’emblée attiré plus de 1000 visites par jour !

Le phénomène a pris de l’ampleur avec la naissance de "The Beautiful Cervix Project", site participatif où les femmes sont invitées à photographier leur col de l'utérus et à partager les photos. Des conseils illustrés par une vidéo sont donnés aux participantes. «  Il est même possible de se procurer un kit, pour près de 15 euros, qui inclut un speculum en plastique, un lubrifiant, un miroir, une lampe de poche et une notice d'instruction pour l'observation de la glaire cervicale », une photothèque permet de suivre l’évolution de cette dernière au cours du cycle menstruel. Les femmes sont ainsi invitées à contempler leur intimité profonde, on attend, mais c’est peut-être déjà fait, l’exposition endoscopique de leur rectum.

La seconde étape invite à passer de « l’art » à la physiologie. La glaire cervicale est une sécrétion produite par les glandes du col de l’utérus. Sa consistance varie selon les périodes du cycle menstruel. Elle est épaisse au début du cycle, constituant ainsi un bouchon protecteur contre les intrus, et elle devient progressivement plus fluide et filante, cette dernière consistance s’observe lors de l’ovulation. La fluidité est destinée (dans un esprit finaliste) à faire bon accueil aux éventuels visiteurs itinérants que sont les spermatozoïdes, et à faciliter leur dure progression vers le Graal ovulaire. L’ovulation peut ainsi être repérée par l’aspect des glaires cervicales, et éviter les rapports sexuels non protégés pendant cette période de fertilité pourrait constituer une méthode naturelle de contraception que le site propose aux femmes férues de leur col. Méthode aléatoire car la consistance des glaires peut dépendre d’autres facteurs que les péripéties du cycle menstruel, et observer son col utérin quotidiennement, aussi beau soit-il, me parait être une contrainte pour le moins obsessionnelle.

Illustration : dure montée des spermatozoïdes sur le col (de Vars)

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