En Afrique équatoriale, et notamment au Cameroun, nombre de mères (on parle de 20% dans certaines régions), souvent avec l’aide énergique de membres féminins de la famille, « repassent » les seins naissants de leurs filles en écrasant la chair avec « des pierres chaudes, des pilons, voire des épluchures de bananes plantains passées au préalable sur le feu ». Inutile de dire qu’il s’agit d’une véritable torture.
Le but recherché de cette tradition ancestrale que l’on hésite à qualifier de « culturelle » est de supprimer les signes extérieurs de la féminité afin de retarder l’âge du premier rapport sexuel. Moyen de contraception sauvage qui peut laisser des séquelles, et inefficace : près d’un tiers des jeunes Camerounaises se retrouvent mères avant l’âge de 16 ans, la plupart étant mariées dès la puberté. Si bien que certaines adolescentes s’infligent elles-mêmes ce supplice afin d’échapper à une union précoce et pouvoir continuer leur scolarité.
Moins connue que l’excision, cette mutilation se déroule dans le cadre familial où les mères font subir à leurs filles ce qu’elles ont elles-mêmes subi en essayant de les protéger le plus longtemps possible de l’appétit des mâles.
Source : « Rue 89 »
Sebastiano del Piombo : « Le martyre de sainte Agathe »