cinema

Publié le 19 Novembre 2013

Je lis en toi comme dans un livre

Dans le journal américain Science est parue en Octobre 2013 une étude de deux psychologues sur l’influence de la lecture sur la perception sociale, le degré d’empathie et l’intelligence émotionnelle. Les tests ont été effectués immédiatement après la lecture d’extraits d’œuvres littéraires soit de fiction, soit « sérieuses ». Il s’avère, selon cette étude, que seule la fiction (et plus particulièrement celle des auteurs russes du XIXème siècle et des auteurs contemporains les plus prestigieux) renforce temporairement la capacité à imaginer et à comprendre l’état mental d’autrui. L’intelligence émotionnelle étant évaluée par la capacité à deviner les émotions traduites par des yeux photographiés.

La lecture de la littérature de fiction, qui décrit les relations entre individus et les émotions, constituerait donc une sorte d’entraînement pour augmenter le niveau d’empathie et de compréhension des relations sociales. Il est vrai que la lecture d’un livre de comptabilité ne prépare pas à percevoir les émotions d’autrui, sauf si l’on y constate les preuves d’une faillite ou de malversations.

Pourtant je me pose la question : le cinéma et la télévision, dont les images sont regardées de façon quotidienne et par l’immense majorité d’entre nous, délivrent des flots de fiction qui, si elle n’a pas toujours la qualité de celle écrite par les grands auteurs, devrait augmenter chez tous le niveau de compréhension de l’autre. Or je me demande si ce n’est pas l’inverse. La profusion des émotions qui se déversent sur les écrans finit peut-être par nous anesthésier et par lever en nous une défense, une protection contre ce déferlement émotionnel. Mauvais entraînement qui pourrait nous rendre moins sensible à autrui, comme le surentraînement d’un athlète finit par diminuer ses performances.

Mais peut-être que ce que l’on voit est-il différent de ce que l’on imagine. Le roman ne suscite que l’imagination, c'est-à-dire la construction personnelle d’un monde qui nécessite un effort, alors que l’image est reçue de façon passive.

Magritte : « La lectrice soumise »

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #cinéma, #émotions, #empathie, #fiction, #littérature, #psychologie, #TV

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Publié le 12 Octobre 2013

L’indignité de l’orgasme

Les affiches prévues pour la promotion du film « Nymphomaniac » réalisé par Lars von Trier portant sur les aventures d’une nymphomane, montrent les personnages du film simulant un orgasme. Si la version de ces affiches figure sur internet, la version papier destinée à l’espace public n’est pas encore sortie, et il est possible que « l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité » soit sollicitée pour s’y opposer comme contraire à « l’image de la personne humaine ».

D’après « Slate.fr », l’interdiction pourrait s’appuyer sur l’article suivant en cas de saisine du jury de déontologie publicitaire : «D’une façon générale, toute représentation dégradante ou humiliante de la personne humaine, explicite ou implicite, est exclue, notamment au travers de qualificatifs, d’attitudes, de postures, de gestes, de sons, etc., attentatoires à la dignité humaine.».

Il n’est pas dans mon propos de juger de l’opportunité ou non de coller dans l’espace public des affiches montrant des acteurs simulant une manifestation aussi intime que l’orgasme, tout en remarquant que les visages montrés pourraient tout aussi bien simuler la douleur que le plaisir si l’on n’était pas averti au préalable du phénomène causal. Ce qui prouve simplement que l’incongruité se trouve dans l’imaginaire de la personne qui regarde et non dans l’objet regardé.

Ce qui me frappe est que l’on puisse considérer la représentation de l’orgasme comme une « représentation dégradante ou humiliante de la personne humaine » et « attentatoire à la dignité humaine », alors que depuis la nuit des temps les couples sexués recherchent avec une certaine avidité ce plaisir des corps (qui prédispose à la procréation et au maintien de l’espèce), qu’ils se sentent frustrés lorsqu’ils ne l’obtiennent pas, et que cet orgasme éclate des millions de fois chaque jour à la grande satisfaction des partenaires qui ne se sentent ni humiliés, ni dégradés, ni indignes de l’avoir ressenti. Le contraire serait plus exact.

Le Bernin : « l'extase de la bienheureuse Ludovica Albertoni »

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Rédigé par Dr WO

Publié dans #affiche publicitaire, #cinéma, #nymphomaniac, #orgasme, #pudibonderie

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