Depuis quelques jours on nous rabat les oreilles à propos d’un certain Martin qui, après avoir insulté, en tant que syndicaliste, le gouvernement socialiste impuissant à maintenir l’activité des aciéries de Florange, vient d’être reclassé comme tête de liste socialiste aux élections européennes. Cela n’a strictement aucun intérêt, sauf pour lui qui après avoir coulé de l’acier, coulera des jours pénards et bien payés parmi les députés européens dont la présence à l’assemblée n’est pas vraiment leur préoccupation principale. Je comprends que ce Martin ait saisi cette riche opportunité de ne pas pointer au « Pôle emploi » en tant que chômeur, mais que les médias ne cessent de parler d’une information aussi minable et de recueillir les propos de l’intéressé alors qu’il n’a évidemment rien à dire, est tout de même étonnant.
Le côté masochiste du gouvernement socialiste m’étonnera toujours. Il garde en son sein ou favorise des alliés qui lui bouffent le foie, même si l’on peut penser qu’il est préférable d’avoir un adversaire à l’intérieur qu’à l’extérieur, à condition toutefois que l’adversaire ne fasse pas à l’intérieur ce qu’il ferait à l’extérieur.
Les autorités organisent une salle de shoot à Paris Xème que le Conseil d’Etat considère comme illégale en octobre dernier. Il n’y a dons pas de juristes chez les socialistes ? Le premier ministre, pour se faire mousser, annonce une mise à plat de la fiscalité, ouvrage titanesque, mais sans en avertir au préalable ceux qui seraient chargés de l’entreprendre. C’est fournir des verges pour se faire battre.
Les socialistes lancent des idées et des rapports que l’on peut parfois assimiler à des provocations à l’égard de la majorité des Français et s’étonnent ensuite d’être impopulaires. On ne compte plus le nombre d’idées ou de rapports qui ont jeté le trouble et suscité de faux débats puisque le gouvernement, devant les réactions aux propositions qu’il jette en pâture et après la divulgation des rapports qu’il commande, s’empresse le plus souvent d’affirmer qu’il a été mal compris ou que les conclusions des rapporteurs ne sont pas les siennes.
On se demande à quoi servent tous ces rapports faits souvent par on ne sait qui, « experts » inconnus choisis par on ne sait quel responsable, sur on ne sait quels critères. Les têtes pensantes des associations étant souvent partie prenante car elles apportent des réponses à des questions qu’elles ne se posent pas. Il n’est donc pas étonnant que le dernier rapport sur l’intégration (parmi les cinq récents et les comités Théodule qui s’occupent également de cette question) mis en ligne par le gouvernement (transparence oblige) s’apparente plus à un projet de désintégration de la société française qu’à des propositions pour y intégrer ceux et celles qui veulent en faire partie. Peut-être que le gouvernement socialiste lance ainsi des ballons d’essai, mais ils risquent fort de lui péter à la figure. On est maso ou on ne l’est pas.