L’Europe occidentale et la France en particulier subissent l’influence américaine avec un décalage temporel qui s’amenuise avec la rapidité des communications. Nous absorbons surtout les travers et les obsessions étatsuniennes comme l’essentialisation des individus, la culpabilité de l’homme blanc et la volonté d’effacer des pans de la culture du passé qui ne cadrent plus avec le politiquement correct du présent. Mais à l’Est, également, rien de nouveau, la propagande russe est toujours aussi vivace. A l’époque de l’URSS, par l’intermédiaire des partis communistes nationaux, le Kremlin fit avaler des couleuvres monstrueuses à des millions d’habitants des démocraties occidentales jusqu’à faire croire que les Russes nageaient dans le bonheur et que les vaches soviétiques donnaient plus de lait que les vaches
capitalistes (dixit Sartre). Les intellectuels les plus cultivés, même après un voyage en URSS, en furent longtemps persuadés, en agonisant d’injures ceux qui décrivaient la réalité après s’être échappés du paradis communiste. Ceux qui croyaient à cette propagande étaient à gauche et représentaient 20% environ de la population française ! Aujourd’hui la propagande russe est toujours aussi vivace et si elle touche moins de monde, elle atteint les deux extrémités du spectre politique : la gauche radical comme les mélenchonistes, et surtout les radicaux de droite. Les uns comme les autres, dans leur hostilité aux USA, trouvent des torts à l’OTAN, des excuses à Poutine et doute de la barbarie de l’Armée russe. Ils avalent sans broncher les couleuvres indigestes et grotesques de la propagande russe. Rien de nouveau sous le ciel de la bêtise idéologique. Ayant connu la propagande de l’URSS et le spectacle navrant des intellectuels sous hypnose, ça me rajeunit.