Europe est une princesse phénicienne (le Liban actuel) que Zeus désire et enlève en prenant l’apparence d’un taureau blanc. Arrivé en Crète (dans l’actuelle Europe, à laquelle la jeune fille donnera son nom), le dieu grec reprend forme humaine, se dénude juste ce qu’il faut et viole impunément la jeune fille. Les dieux grecs étaient tristement humains, permettant aux humains de se conduire sur terre comme des dieux.
Avec tout le respect que je dois à un artiste considéré comme un grand peintre, je trouve ce tableau plutôt laid. Le taureau dans lequel s’est métamorphosé Zeus pour assouvir ses appétits sexuels a vraiment un air bovin amorphe à croire qu’il réprouve l’acte qu’il va commettre, et que tout compte fait la chair est vraiment triste.
Les anges grassouillets volètent autour du couple sans utiliser leurs flèches car il ne s’agit pas d’amour, mais d’une agression sexuelle qui mériterait d’être signalée à #MeToo. J’ignore quelle était l’intention du peintre mais les ailes de ces anges ne sont pas roses mais noires et l’un d’entre eux essaye de noyer le poisson.
Quant au groupe qui, au lointain, proteste contre cet enlèvement, qu’il sache que la force prime le droit et qu’il faut s’incliner devant les décisions divines aussi stupides et cruelles soient-elles, car Dieu est grand, surtout en érection.
Penchons-nous (respectueusement) sur la pauvre victime étalée inconfortablement sur le dos du taureau, agitant son écharpe dans un geste dérisoire pour appeler au secours. Rubens n’a jamais été tendre avec les femmes. Celle-ci est, comme les autres, obèse et bourrée de cellulite, à moins que Rubens dans une fulgurance prémonitoire peignit cette Europe comme elle le deviendra aujourd’hui : pléthorique, molle et facile d’accès.