Dieudonné atteint d’un délire obsessionnel antijuif (le « sionisme » n’étant que de la vaseline), endosse sans conteste cette partie de l’idéologie nazie[1] (en tant que métis, il n’a pas intérêt à l’endosser complètement). La preuve : il ne semble aucunement négationniste (même s’il sympathise avec les anti-historiens qui nient l’évidence historique), il ne conteste pas le massacre sur un mode industriel de millions de juifs pendant la seconde guerre mondiale, l’existence des chambres à gaz ou des fours crématoires, il regrette simplement leur cessation d’activité et trouve « dommage » que l’on ne puisse pas se débarrasser du dernier contingent de Juifs européens avec des outils qui ont fait leurs preuves sur leurs aïeux.
La censure de ses « spectacles » envisagée par le ministre de l’intérieur risque de transformer ce clown tragique en martyr. Mais comme leur sujet est l’exposé ricanant de sa haine d’un groupe humain jusqu’à l’apologie de sa destruction, propos qui ne font rire que les irresponsables souvent incultes[2], ses « plaisanteries » tombent sous le coup de la loi. Jusqu’à présent les poursuites engagées par des particuliers ou des associations n’ont guère été efficaces (« aucune des condamnations déjà prononcées n’a été exécutée »).
L-M. H. dans un article du Canard enchaîné du 31/12/2013, intitulé «ça part en quenelle), fait justement remarquer que si Valls a raison de s’insurger, c’est aux procureurs de la République d’agir et l’auteur de l’article s’étonne que : « La Chancellerie regarde ailleurs, la ministre de la Justice se tait. Tiens ? Où est-elle passée, Christiane Taubira en pleine tourmente Dieudonné ? ». Aurait-elle plus de bienveillance pour les délinquants ou les homosexuels (aucun rapport entre ces deux catégories) que pour les juifs ? Ou une faiblesse pour celui qui avait été reçu en 2005 par Aimé Césaire. Espérons que Mme Taubira cessera dans l’avenir d’être aux « abonnés absents », car c’est à elle d’agir et non au ministre l’intérieur.
Après la parution de ce billet, Mme Taubira aurait fait une déclaration, transmise par OCarlus, elle figure dans les commentaires.
Dr Folamour (film de Kubrick sorti en 1964) où le personnage de l’ancien nazi (joué par Peter Sellers) tente de maîtriser avec sa main gauche la levée involontaire de son bras droit cherchant à effectuer le salut hitlérien. Première apparition de la « quenelle », aujourd’hui largement cuisinée par les médias et qui n’est même pas une triste trouvaille de Dieudonné.
[1] A cela près que les nazis considéraient les Juifs comme des sous-hommes alors que Dieudonné considèrent qu’ils dominent le monde, c’est leur attribuer des qualités remarquables compte tenu de leur faiblesse numérique.
[2] Une partie de son public est d’origine arabe et s’imagine que l’antisémitisme en Europe aidera à résoudre le conflit israélo-palestinien, il risque au contraire de pousser des Juifs à émigrer en Israël et donc à renforcer ce pays, mais la haine est déraisonnable. Quant aux noirs antisémites, ils se livrent souvent à un concours de victimisation qui n’a évidemment aucun sens. Il est curieux de constater que l’antisémitisme ou le racisme peut être porté par ceux qui ont eux-mêmes été victimes du racisme.