Jusqu’au 23 mars dernier, les personnes présentant un handicap mental ou psychique ou une déficience intellectuelle pouvaient se voir retirer leur droit de vote sur décision d’un juge de tutelle. On peut, en effet, observer tous les degrés dans un handicap mental et c’était au juge de déterminer si un handicap était léger ou au contraire profond au point de constituer un obstacle à la compréhension et au raisonnement permettant de faire un choix électoral.
A présent, tous les handicapés mentaux, ils seraient près de 300000 (seulement ?) pourront bénéficier de la nouvelle loi.
Bien entendu, la difficulté n’est pas de mettre un bulletin dans l’urne, un enfant de deux ans peut très bien le faire si on lui montre comment.
La mairie de Paris a d’ailleurs édité une affiche pour faire comprendre aux personnes « en situation » d’handicap la marche à suivre.
La difficulté est de réfléchir puis de choisir le bulletin de vote à mettre dans l’urne.
Mais pour les personnes handicapées tout devrait être clair car on utilise pour eux un nouveau langage : le langage "facile à lire et à comprendre" (FALC), censé leur permettre « d’accéder à l'isoloir », ce qui, FALC ou pas FALC, ne devrait pas être bien difficile, la difficulté est, en passant devant la table où sont exposés les bulletins de vote, d’en choisir au moins un, et pas au hasard.
Mais c’est du tout cuit, car on va demander aux différents partis de retranscrire en FALC leurs professions de foi et leurs programmes en gardant le texte d’origine, mais avec une partie en FALC : « C’est une transcription du français, pour simplifier certaines notions et qu’elles soient comprises par les personnes déficientes intellectuelles », explique au HuffPost Isabelle Chandler de l’Unapei (association de parents d’handicapés intellectuels). « Si on leur donne les outils pour comprendre, elles ont bien sûr une opinion et peuvent voter. »
On se demande alors où est leur déficit intellectuel si elles sont capables de se faire une opinion argumentée, mais on se demande aussi quelles sont les chances pour une personne dont l’intelligence est très limitée de ne pas faire le même choix que la personne qui s’occupe d’elle et qui la conduira par la main à toutes les étapes du vote si bien expliquées par la Mairie de Paris.
Ainsi le choix électoral est à la portée de tous les déficients mentaux, je suppose que l’abstention aussi (ce qui à mon avis serait préférable). Je dois avouer que pour certaines élections, et notamment les européennes j’ai moi-même du mal à comprendre les professions de foi de certains candidats et souvent du mal à faire un choix raisonnable. Je me demande si, parfois, je ne devrais pas me mettre au FALC, puisque ce langage simplificateur serait si efficace.