Dans un article du Canard enchaîné du 7/08/2013, intitulé : « La solitude du trader de fonds » (bien meilleur titre que le mien), il est question de la banque Goldman Sachs à l’origine de la fraude financière des subprimes dont les conséquences ont été mondiales et désastreuses. En 2010, la banque s’est tirée d’affaire en payant 550 millions de dollars au gendarme de la bourse US et son PDG est toujours en place. Nous sommes contents pour lui. Mais comme il fallait tout de même un coupable à lancer aux malheureux qui ont perdu leur chemise en suivant les « conseils » de la banque qui spéculait sur leur dos, le PDG a détaché de l’accord passé avec la SEC (le gendarme) le trader français Fabrice Tourre qui s’était révélé particulièrement efficace pour suivre les ordres de sa direction en refilant avec talent et cynisme des crédits que la banque savait pourris. Ce lampiste (qui s’est couvert d’or) va apparaître comme le seul coupable et ne mettra pas en cause les véritables responsables. Mais la banque payera tout de même les frais d’avocats du lampiste. On peut saluer ici sa grande générosité.
Quand je parle de la solitude du lampiste, ce n’est pas tout à fait exact : il y a eu des lampistes avant lui et il y en aura après. Je me permets de reproduire ci-dessous un article que j’avais rédigé le 27/10/2010 :
On se souvient peu de Jean-Yves Haberer, inspecteur des finances, sorti de l’ENA, qui après un parcours dans les cabinets ministériels, devient de 1988 à 1993 président du Crédit Lyonnais, établissement à l’époque nationalisé, qu’il lance dans une stratégie ambitieuse et folle avec pour résultat final une perte pour les contribuables de 15 milliards € ! Après avoir continué son activité dans les milieux financiers, il a été condamné en 2005 à 1€ de dommages-intérêts au Crédit Lyonnais et à 18 mois de prison avec sursis, reconnu responsable des comptes frauduleux de la banque.
Autre inspecteur des finances, sorti de l’ENA, Jean-Marie Messier, devenu président de Vivendi (ancienne Compagnie générale des eaux), à son départ en 2002, l’entreprise affiche une perte comptable de 23 milliards € ! Les petits actionnaires portent plainte, ce qui n’empêche pas JMM de créer « Messier Partners » et s’il a payé à la SEC américaine 1 million €, en France, le Parquet a requis une relaxe générale pour les soupçons d’abus de biens sociaux, de manipulation de cours et de diffusion de fausses informations. Le procès en correctionnelle aura lieu en novembre. Il vient de créer une banque d’affaires et tout souriant il a droit à un article dans Le Point du 14 octobre 2010 : « La résurrection de JM Messier »
Jérôme Kerviel, issu d’une famille modeste et nanti d’un « master en finance » universitaire, employé de la Société générale, il joue avec l’argent des autres et provoque une perte pour la banque (et aucun gain pour lui) de près de 5 milliards € ! La perte est révélée en janvier 2008 et conduit dans un premier temps à sa détention provisoire. Le 5 octobre 2010, accusé de « faux, usage de faux, abus de confiance, introduction frauduleuse de données dans un système informatique », il est reconnu coupable de tous les chefs d'accusation et condamné à cinq ans de prison dont trois ans fermes et à payer la somme de 4,9 milliards d'euros de dommages et intérêts à la Société générale !
Cherchez l’erreur