En dehors des potins pipolesques et de la mode, les magazines féminins publient pour l’essentiel deux catégories d’articles : les uns sur le corps, les autres sur le sexe. Il y a évidemment un rapport étroit entre les deux.
On dit que les hommes ne pensent qu’à « ça », mais si les femmes n’y pensent pas, elles en parlent, le déclament, le rapportent avec la transparence d’une nuisette dont les politiques devraient s’inspirer (je parle de la transparence, pas de la nuisette, dieu merci). Les tests pour évaluer la sexualité des unes et des autres foisonnent, les récits de nuits torrides brûlent les pages ou au contraire des déceptions les assombrissent, comme dans cette confession (Elle) où une dame raconte comment elle fut déstabilisée par les hurlements de son partenaire pendant le coït. On trouve même des articles de haute technicité : « Comment faire une fellation sans s’abimer les dents », ce qui implique sa parfaite réussite au point d’obtenir une dureté pénienne traumatisante, à moins de considérer que le sperme a une toxicité pour l’émail dentaire (je n’ai pas lu l’article car j’ai trouvé son titre dans un blog de Slate.fr, je ne peux donc pas affirmer sa véracité, mais j’ai pu lire sur les couvertures des magazines étalés dans les kiosques des titres du même acabit).
Le corps est omniprésent dans les magazines destinés au beau sexe. Le souci pondéral est constant. Comment en perdre, bien sûr, et de préférence en mangeant ce que l’on veut. A voir les photos des mannequins, on aimerait proposer à celles-ci comment en prendre. Toutes les parties du corps y passent, mais les fesses et les seins sont l’objet de tous les soins, ce sont aussi des sphères d’attraction de la gent masculine.
Pour ce qui concerne les seins, je voudrais ici apporter ma contribution en m’inspirant d’une étude parue en 2012 (dans la revue GMS Interdisciplinary Plastic and Reconstructive Surgery) où l’on a constaté chez 35 soldats allemands le développement de leur sein gauche. Cette gynécomastie serait provoquée par l'impact des fusils sur la gauche des poitrines des fantassins, notamment chez ceux qui défilent lors des visites officielles, car à chaque parade ils exécutent le même mouvement répétitif, et font claquer leur arme sur leur sein. Accident du travail qui illustre les dangers de la vie militaire.
On pourrait donc suggérer aux dames dont la poitrine est plate comme celle des garçons, et qui n’ont pas les moyens de se payer des prothèses mammaires même fuyantes, d’utiliser cette méthode, mais à condition de changer leur fusil d’épaule si elles veulent obtenir une symétrie satisfaisante pour elles et leur partenaire. Certes il s’agit d’une méthode traumatisante, mais il faut souffrir pour être belle. Ne souffrent-elles déjà pas en lisant les magazines qui leur sont consacrés ?