La classe politique devient de plus en plus bavarde.
Un brouhaha permanent de mots prononcés ou écrits dont l’écho se répercute, tourne et diffuse sur les médias et les réseaux sociaux pour s’éteindre en ne laissant qu’un vague souvenir.
Des mots que personne n’écoute vraiment.
Une parole abondante se dévalue, mais plus on parle, plus le risque est grand de dire des bêtises, et seules les bêtises conservent de la valeur, enregistrées, elles resurgiront comme des remords.
Cependant, si un politicien bavard devient inaudible et insupportable, la politique est d’abord discours. Un politicien qui se tait est un politicien mort et oublié. Le silence est mortel.
Même l’action passe inaperçue lorsqu’elle n’est pas annoncée, vantée, commentée. Mais lorsque l’annonce remplace l’action, lorsque le geste n’est pas joint à la parole, les mots ne sont que des bruits morts dans le cimetière des intentions. Seules les bêtises sont entendues et restent vivantes car le rire est une consolation.