A la foire présidentielle, le stand aux promesses sonnantes et surtout trébuchantes a beaucoup de succès. Les lots ont été mis aux enchères, la mise à prix étant de 10% d’augmentation des salaires, une allocation quelconque ou une diminution d’impôt n’étant pas suffisante. Le plus beau lot, pourtant hors de prix, le doublement du salaire des enseignants a été emporté haut la main dans le portefeuille de monopoly par une dame qui s’était illustrée par l’érection de pissotières à compost sur les bords de Seine. Le compteur de flux d’émigrés avec robinet de régulation figure dans la plupart des stands, mais celui qui éveille le plus de curiosité est le stand de la catapulte à expulser les émigrés clandestins dont le vendeur affirme l’efficacité, mais lors de la démonstration, les visiteurs ont pu constater un effet boomerang de la machine avec retour rapide de l’expulsé. Des visiteurs s’arrêtent volontiers devant les portes blindées des frontières mais restent dubitatifs quand le vendeur assure que leur installation est simple et ne pourrait avoir que d’heureuses conséquences. La panoplie de la guerre civile exposée sur deux stands impressionne beaucoup, elle permet le choix des belligérants : gilets jaunes, extrême-gauche, extrême-droite, islamistes, trafiquants de drogue et la modulation des alliances et des confrontations. Cette panoplie permet à son bonimenteur de jouer au sauveur, un rôle très envié depuis le succès du général De Gaulle. Le stand de la fin du monde n'a pas le succès escompté, rendant les uns verts de rage et les autres verts de peur. Dans un coin de la foire un exposant n’avait pas hésité à monter un stand où il vantait la liberté de circuler du virus de la COVID-19 comme remède à la mélancolie. Mais le stand n’est plus fonctionnel, l’exposant ayant été hospitalisé. Notons qu'aux dernières nouvelles un trublion tente d'installer un stand sauvage dans cette foire, ce qui zemme la zizanie. Illustration : Bosch « l’escamoteur et les pigeons »