L'OMS est malade (en tout cas son directeur)
Publié le 23 Octobre 2017
"Robert Mugabe ne sera pas ambassadeur de bonne volonté de l’OMS
Genève, le lundi 23 octobre 2017 - La semaine dernière, profitant d’une visite en Uruguay, le patron de l’Organisation mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus dévoilait sa volonté de nommer le président zimbabwéen Robert Mugabe ambassadeur de bonne volonté de l’agence. La nouvelle a suscité plus qu’une levée de bouclier, en raison de la personnalité plus que controversée du chef d’état zimbabwéen. Des Organisations non gouvernementales (ONG) et plusieurs pays ont déploré ce choix rappelant notamment l’état déplorable du système de santé au Zimbabwe. « L'unique personne pour laquelle Mugabe, 93 ans, s'est soucié de la santé pendant ses 37 ans de règne est lui-même » a par exemple écrit sur Twitter l’ancienne ambassadrice américaine à l’ONU, Samantha Power. Face à cette déferlante de critiques, le patron de l’OMS a indiqué avoir renoncé à son choix. Certains redoutent cependant que cet épisode ne soit révélateur et ne laisse des traces alors que l’arrivée pour la première fois d’un Africain à la tête de l’agence avait été considérée comme porteuse d’espoir. « L'OMS a subi une crise existentielle avec sa manière désastreuse de réagir à la crise de l'Ebola. L'élection du Dr Tedros est une chance de remettre les pendules à l'heure. La nomination de Mugabe, venant à la fin des cent premier jours de M. Tedros à la tête de l'OMS, a été une erreur » a ainsi déploré le directeur du Global Health Institute de l'Université américaine de Harvard, Ashish K. Jha. De son côté, le patron du Lancet, Richard Horton avait taclé : « DG de l'OMS veut dire directeur général de l'OMS, et non pas dictateur général. Tedros, mon ami, annulez votre décision ».
M.P.
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