Si vous avez une descendance, faut-il lui conseiller de choisir un métier altruiste ? Si profiter des autres ne présente en général aucun inconvénient quand on respecte les règles ou lorsque l’on est capable de les contourner, aider autrui parait de plus en plus risqué.
Peut-être que comme jadis les enfants rêvent toujours d’être pompier, belle uniforme, beau camion rouge et sonore, et beau métier entièrement au secours des autres. Aujourd’hui le pompier voit pleinement l’utilité de son casque pour se protéger des objets les plus divers lancés par les fenêtres lorsqu’il vient éteindre un incendie dans les quartiers « sensibles » jusqu’à la débilité.
Faut-il encore lui conseiller d’être professeur pour transmettre son savoir aux autres ? Ce métier est devenu le plus dangereux. On y risque sa vie car le savoir est insupportable aux imbéciles qui préfèrent clapoter dans leur ignorance, ou opposer au savoir universel la merde drainée par les égouts des réseaux sociaux et/ou les superstitions religieuses ou les manipulations historiques des islamistes. Enseigner la vérité aux fanatiques, c’est évidemment risquer sa vie. Il est quasi impossible d’essorer un cerveau que l’on a baigné depuis l’enfance dans les pseudo certitudes religieuses et l’histoire remaniée.
Alors lui conseiller d’être médecin. Veiller à la santé des autres, ce n’est pas mal, un métier qui donne des satisfactions quand on peut réparer une mécanique humaine et la voir reprendre du service, faire passer quelqu’un de l’angoisse au sourire. A condition toutefois de ne pas être rossé pour ne pas avoir pris un impatient à l’heure, ou après avoir refusé un arrêt de travail à quelqu’un qui a autre chose à faire que d’aller travailler, ou une ordonnance exigée, ou ne pas être agressé à son cabinet ou en visite pour voler une montre ou une sacoche.
Une autre option est de faire dans l'humanitaire. Surtout quand on ne sait pas faire autre chose ou que l'on veut plaquer sa famille ou si l'on veut voir du pays. Mais c'est également un altruisme dangereux. L'environnement peut être malsain et les bandits politisés très friands de bonnes âmes se servent aisément dans le parc international des ONG en transmutant l'altruisme en or ou en cadavre.
L'altruisme n'étant plus ce qu'il était, il vaut mieux profiter des autres, c’est moins risqué…à condition de ne pas être poignardé par un illuminé au cerveau éteint en allant chercher son pain.
Illustration : Van Gogh : « Le bon Samaritain »