Ainsi Valérie Hayer, la tête de liste Renaissance aux élections européennes, a parlé de Daladier à propos des accords de Munich comme un coupable d’avoir cédé (avec Chamberlain) à Hitler alors qu’il avait été plutôt contre et plus ou moins obligé de le faire, et sa vie a prouvé qu’il n’avait rien d’un collaborateur. Comparaison historique pour fustiger l’opposition molle du RN à l’agressivité de Poutine en mettant bêtement sur le même plan Daladier et Marine Le Pen. La situation historique que nous vivons n’est pas la même que celle qui a précédé la Deuxième guerre mondiale, mais sans aller jusqu’à l’aphorisme sur la répétition des évènements historiques, la première fois comme un drame, la seconde fois comme une comédie car la guerre en Ukraine et une possible extension du conflit n’ont rien d’une farce.
Quant à Fabien Roussel, il compare la situation tragique à Gaza – une tragédie déclenchée et voulue par le Hamas et entretenue par les extrémistes israéliens – au ghetto de Varsovie, une comparaison qui n’a aucun sens, sinon pour reprocher implicitement aux Juifs de faire aux autres ce qu’ils ont eux-mêmes subi.
Le point commun à deux évènements historiques dramatiques, c’est le drame, mais les causes, le déroulement, et les conséquences sont rarement les mêmes. Que nos politiciens, et accessoirement les journalistes, se contentent de décrire et d’analyser les évènements du présent sans les mettre sur le même plan que des évènements du passé car ils risquent d’ajouter de la confusion à la confusion et de créer des polémiques anachroniques surtout lorsque les connaissances historiques paraissent un peu lacunaires de la part des polémistes, même si l’on peut soupçonner le recours opportuniste à des lacunes volontaires chez certains d’entre eux.