Quand il est reproché à un dirigeant de ne pas être assez près du peuple, ce reproche est souvent pris au premier degré par l’intéressé. En tout cas c’est ce qui semble quand on le voit tenter de corriger ce défaut par des manifestations de proximité physique avec ses concitoyens.
On appelle ça des bains de foule. Des bains pour se laver de tout soupçon olympien. Quoi de plus significatif pour montrer sa proximité physique que de serrer des mains en prenant même le risque d’une transmission infectieuse. Quoi de plus touchant que de prendre un enfant dans ses bras, ce simple geste est très productif car il vous assure la proximité avec toute la famille du gniard.
Bien sûr, le dirigeant se doit d’être avenant et tout sourire ne serait-ce que pour atténuer les mines patibulaires des malabars qui encadrent étroitement l’homme de pouvoir un peu trop proche du peuple à leur goût.
Contresens. Être près du peuple ne signifie pas une proximité physique, même si celle-ci n’est pas à négliger (surtout dans les campagnes électorales), être près du peuple c’est avant tout se mettre à sa place, comprendre ses préoccupations, et ses besoins. Les bains de foule permettent trop souvent de s’en laver les mains, jusqu’au jour où le peuple finit par passer un savon à ceux qui les gouvernent et à les vider avec la baignoire.
Illustration : Lambert Lamy : « foules »