300…500…900…Des centaines de migrants sont morts et mourront noyés dans les eaux de la Méditerranée, lorsque les misérables rafiots dans lesquels les traiteurs d’êtres humains les entassent font naufrage, mais pas suffisamment à proximité des côtes italiennes pour que les gardes-côtes, parfois avertis de Libye par le patron de la traite, puissent les sauver.
Si des migrants fuient les zones de guerre, d’autres fuient leur pays pour des raisons économiques en espérant mieux vivre dans la riche Europe. Faut-il que les conditions dans lesquelles ils vivaient soient désastreuses pour risquer ainsi leur vie ! De surcroît, il s’agit d’un risque chèrement payé. Les passeurs exigeraient 5000 dollars pour assurer le trajet de leur pays vers le lieu d’embarquement, tout en traitant les migrants comme des esclaves jusqu’à les fouetter, souvent violer les femmes, et parfois les contraindre à la prostitution.
A l’arrivée sur la côte, ils sont parqués, et devront encore débourser la somme de 2000 dollars par tête pour tenter la traversée sur des rafiots pourris. Il est vrai que les traiteurs ont quelques frais car ils doivent acheter les complicités locales pour assurer l’embarquement.
Les Italiens tentent de sauver des vies et l’Italie est submergée par les survivants. Les autres pays européens le seront.
Et devant ces centaines de morts, le plus souvent jeunes, voilà l’Europe à nouveau coupable et montrée du doigt. Pourquoi n’accueille-t-elle pas tous ces migrants venant d’Afrique, du Proche et du Moyen Orient ? Pourquoi ne peuvent-ils pas entrer librement en Europe comme le proposait un article de Libération ? Pourquoi ferait-elle la fine bouche ? Comme l’a déclaré l’écrivaine franco-sénégalaise Fatou Diome sur France 2 en dénonçant l’hypocrisie européenne : « On ne peut pas trier les gens, avec les étrangers utiles et les étrangers néfastes »… « Quand ils [les Européens] trouvent que mon cerveau est convenable, là ils l'utilisent. Par contre, ils sont embêtés à l'idée d'avoir mon frère, qui n'est pas aussi diplômé que moi. ». A cela près que les entreprises ne cherchent pas des cerveaux mais plutôt une main-d’œuvre à bon marché et facilement exploitable. L’écrivaine devrait savoir que les diplômés de manquent pas en Europe : ils sont pour beaucoup au chômage, et que par ailleurs les diplômés africains seraient plus utiles dans leur pays.
Les occidentaux ont certes commis des erreurs, celles qui ont contribué à favoriser le chaos en Libye et en Irak, mais il est impossible à l'Europe d’ouvrir ses portes à tous les malheureux ! L’immigration peut être souhaitable, même parfois nécessaire, mais tout est une question de quantité. L’exemple des émeutes xénophobes entre noirs en Afrique du Sud le montre bien.
L’Europe est montrée du doigt. Mais il y a des coupables dont on n’entend guère parler.
Entend-on la voix des dirigeants des pays dont les ressortissants s’enfuient au péril de leur vie ? Ce sont eux les premiers responsables. Trop occupés sans doute à s’enrichir.*
La majorité des migrants sont musulmans. Que font les monarchies du Golfe, le cul assis sur leurs nappes de pétrole ou de gaz et qui passent leur temps à concourir à qui pète le plus haut avec l’argent qui surgit des sables ?
Diagramme tiré du Point du 23 avril 2015.
* Cécile Kyenge, députée européenne et ancienne ministre à l'intégration en Italie a récemment déclaré "Je trouve déplorable par exemple que l'Union Africaine ne puisse pas présenter des propositions concrètes. L'Europe a ses responsabilités mais les pays d'origine des migrants (Afrique, Moyen-Orient) ont aussi leurs responsabilités. Il faut qu'on se mette en tête que tant que l'on n'aura pas la possibilité de sceller des accords avec ces pays et d'affronter les causes, ce sera difficile de trouver une solution".