Les médias nous montrent des pro- et anticastristes excités. Les Cubains que j'ai connus avaient plutôt une douce ironie résignée. Quand je travaillais en Amérique Latine, je me suis offert les services d'une guide personnelle. Consigne : hors de sentiers officiels et touristiques. J'ai vu la procession de la Vierge de Guadalupe, tout le monde en jaune, ferveur qui explique que les papes se précipitent tous à Cuba. Les chalets où l'on vend tout le merchandising dédié au Che. Le parc d'attraction à l'abandon, avec les dinosaures en béton. Les enfants fabriquant des trottinettes et voitures en caisse à savon, et les vrais voitures américaines, bien sûr, un musée à ciel ouvert. Des intérieurs de Cubains moyens, "pauvres mais dignes". Mais surtout, l'inégalité résultant des 3 monnaies, avec chacune ses magasins dédiés, du plus luxueux ou plus démuni. Ce dernier accessible aux locaux qui n'ont que des pesos. Le CUC, monnaie intermédiaire de ceux qui commercent dans le tourisme, magasins intermédiaires, pauvres selon nos critères. Et le dollar accepté partout avec effusion. Oui, il y a des mendiants chez Fidel (ils vous abordent ni vu ni connu). Le chien de la drogue m'a sauté dessus à l'aéroport, avec effusion lui aussi, je n'ai pas compris pourquoi. J'étais très reconnaissante à mon passeport de service, je n'aurais pas aimé tâter des geôles du Lider Maximo.