La résonance magnétique nucléaire (RMN) permet d’obtenir des images remarquables de l’intérieur du corps humain, procédé également nommé imagerie par résonance magnétique (IRM). Il utilise un aimant très puissant qui génère un champ magnétique capable de modifier l’orientation des atomes d’hydrogène présents en abondance dans tous les tissus de l’organisme. Lorsqu’on interrompe le champ magnétique, les atomes d’hydrogène retrouvent leur orientation initiale en émettant un signal différent selon les tissus et les organes. Les signaux recueillis par une antenne permettent la construction des images. Si le champ magnétique transitoire ne laisse aucune trace sur l’organisme (contrairement aux rayons X), par contre pendant qu’il est actif, il est très avide du moindre objet métallique à sa portée, celui des appareils d’IRM serait capable d’attirer des objets de plus de 900 kilos ! Malgré les avertissements et les précautions prises (contre-indications) de très rares accidents sont survenus lorsque l’on omet de signaler être porteur d’un objet métallique sur ou dans son corps.
Bien sûr le champ magnétique ne fait pas la distinction entre le patient et un éventuel accompagnateur et Le Journal international de Médecine a rapporté le 18 février dernier une histoire instructive. Un avocat de Sao Paulo du nom de Leandro Mathias de Novaes, ardent promoteur des armes dans un pays où l’insécurité est grande, et partisan de toujours porter sur soi une arme pour se défendre comme il le conseillait à ses milliers d’abonnés, il a conservé la sienne dans sa ceinture alors qu’il était dans la salle d’examen où sa mère passait une IRM en janvier dernier. Lorsque le champ magnétique a été émis, l’avocat fut rapidement désarmé et le pistolet s’est également enclenché en tirant une balle dans l’épigastre de l’avocat qui décéda trois semaines plus tard, ainsi tué par son propre pistolet chargé de le défendre.
Illustration Edouard Manet : "Le suicidé"