Pour les promotrices de la « théorie du genre » la détermination anatomo-biologique génétique d’un individu n’est qu’un « présupposé » et la masculinité comme la féminité sont des stéréotypes largement imposés par la société. Les hommes comme les femmes obéissent dès l’enfance au profil que la société attend d’eux. Ce qui voudrait dire que malgré des conformations anatomo-biologiques différentes, la masculinité et la féminité que la société y attachent n’existent pas en elles-mêmes mais seraient acquises. Et on nous sort régulièrement le « on ne naît pas femme, on le devient » de Simone de Beauvoir.
La discordance entre l’anatomo-biologie et le ressenti des transgenres semble venir à l’appui du « présupposé biologique ». Or, les transgenres montrent au contraire que la masculinité et la féminité ne sont pas des constructions sociales mais existent en elles-mêmes. Il serait aberrant de penser qu’un transgenre a le ressenti d’un soi-disant stéréotype différent de celui qu’on lui aurait inculqué depuis l’enfance, adapté à sa conformation anatomo-biologique. La personne transgenre ressent une masculinité ou une féminité qui n’a rien à voir avec la société, et plutôt en opposition avec celle-ci, et elle cherche à l’exprimer jusqu’à transformer son corps de façon radicale pour tenter de retrouver une certaine conformité, évidemment imparfaite, entre le genre et l’anatomo-biologie prouvant ainsi leur rapport étroit et dont la dissociation est mal vécue.
Ce petit billet prouvera sans doute à beaucoup que je ne connais pas la question mais je ne prétends faire ici que quelques remarques sur ce paradoxe où le transgenrisme montre que le genre est vécu et non fabriqué par la société comme le voudrait la mode, et que c'est lui qui redonne au corps son importance dans son affirmation.
Illustration : José Ribera « La mujer barbuda »