Bien que je sois de retour à Paris, il ne s’agit pas de moi, mais de l’inflation. Les journalistes, les commentateurs, et souvent le personnel politique, ne peuvent pas prononcer ou écrire le mot « inflation » sans y ajouter « galopante ». L’inflation est toujours galopante. On pourrait dire qu’elle croît, qu’elle augmente, et si on est savant, qu’elle est exponentielle dans le plus mauvais des cas, non, elle galope. Il y a des accouplements difficilement dissociables, des tiroirs que l’on tire automatiquement, et des tics qui s’apparentent à des TOCs. Je crois que parmi les tics de langage l’inflation galopante est un des plus constants. De surcroît, l’inflation est un cheval en liberté, pas de cavalier, pas de responsable. Il s’échappe de l’enclos ou de l’écurie et tout le monde galope après. Mais ce n’est pas comme le naturel, il ne revient pas tout seul au galop. Illustration : Long Shan : « Cheval au galop »