Il est maintenant de notoriété publique qu’il est sain d’avoir une activité physique régulière. D’ailleurs ce conseil (« bouger ») est répété sur le bandeau inférieur des écrans de télévision lorsque ceux-ci font la publicité de nourritures dont l’abus peut conduire à l’obésité.
L’activité physique la plus simple, la plus efficace et à la portée de toute personne autonome est la marche régulière et si possible la marche rapide ou la course légère.
A présent, depuis le 1er mars les patients atteints d’une affection de longue durée (environ 10 millions) pourront marcher sur prescription médicale, mais à leur frais. Ce qui est logique, car rembourser la marche aurait soulevé trop de difficulté pour distinguer la marche nécessaire de la marche thérapeutique et certains fraudeurs auraient pu joindre l’utile à l’agréable.
Mais si la marche régulière ne nécessite pas d’ordonnance, elle nécessite de la volonté et une discipline personnelle.
La prescription, elle, permet de diriger le patient qui répugne à marcher seul vers un kinésithérapeute, un professeur de sport spécialisé ou ergothérapeute qui règlera son activité physique en fonction de ses moyens (physiques dans un premier temps, pécuniaires dans un second), et surtout le patient inclus dans un groupe pourra se faire des amis, en s’ennuyant moins, si l’ambiance est bonne, que s’il marchait seul.
En définitive, on se demande pourquoi une ordonnance est nécessaire, il suffirait que le médecin indique le mentor adéquat et le lieu puisque cette activité se fait de toute façon aux frais du patient.
Mais attention, nous sommes en France et le décret d’application précise les choses : non seulement le médecin doit faire une ordonnance (on se demande toujours pourquoi) sous forme d’un formulaire à remplir, évaluer l'état de santé du patient, et l'adresser à l'un des professionnels habilités à la prise en charge du sport sur ordonnance et « Avec l’accord des patients, l’intervenant transmet périodiquement un compte rendu sur le déroulement de l’activité physique adaptée au médecin prescripteur »
Les médecins vont adorer cette nouvelle usine à gaz et le fardeau administratif supplémentaire dont l’intérêt m’échappe complètement.
NB. Je suis heureux d’avoir pris ma retraite, je n’aurais pas supporté.
Giacometti : "L'homme en marche"