Ce sont le plus souvent des médicaments utilisés dans les maladies dont l’évolution est toujours défavorable quoi que l’on fasse, du moins pour l’instant, ce qui est désespérant pour le malade, sa famille et le médecin.
Ces médicaments suscitent donc un faux espoir dont les gens ont besoin. Ne donner aucun traitement pour une maladie grave est un renoncement douloureux.
C’est ainsi que l’on sait que les quatre molécules habituellement prescrites dans la maladie d’Alzheimer ne sont guère efficaces (mais non dénuées d’effets secondaires). En 2011, la Haute Autorité de Santé (HAS) recommandait déjà leur déremboursement. Xavier Bertrand, ministre de la santé de l’époque était passé outre cette recommandation sous l’influence de diverses pressions.
Récemment, la commission de la transparence chargée de l'évaluation des médicaments au sein de la HAS s'est prononcée à nouveau pour le déremboursement des quatre molécules après avoir « conclu à un intérêt médical insuffisant (...) pour justifier leur prise en charge par la solidarité nationale ».
Marisol Touraine est en passe de suivre l’exemple de Xavier Bertrand, car c’est curieusement la perspective d’un traitement, même inefficace, qui conduit l’Assurance maladie à prendre en charge l’affection.
Un hospitalier avait déclaré dans Le Monde en 2011 devant la possibilité du déremboursement : « Le danger d'une telle décision est d'ignorer que ce qui est fait pour ces malades repose avant tout sur la mise en route d'un traitement spécifique. Supprimer le traitement, c'est courir le risque de voir disparaître les effets positifs des trois plans Alzheimer » et pour une responsable de l’association France Alzheimer : « nous regrettons un petit peu ce qui s'annonce, car la perspective d'un médicament incite les personnes à consulter, à se faire diagnostiquer ».
Autrement dit : inciter à consulter en faisant miroiter un traitement alors que l’on a rien à proposer de sérieux, prescrire pour prescrire, faire semblant de traiter pour ne pas désespérer, donner n’importe quoi (ou peu s’en faut) afin que la maladie soit prise en charge et que les laboratoires continuent de fonctionner.
Marisol Touraine doit se dire que ce n’est pas le moment de faire des vagues.
Deux sites traitant du même sujet signalés par Aurélie Haroche dans le JIM.fr :
Christian Lehmann : http://enattendanth5n1.20minutes-blogs.fr/archive/2016/10/26/marisol-touraine-et-les-anti-alzheimer-l-incompetence-a-visa-932319.html
Et Jean-Daniel Flaysakier : https://www.docteurjd.com/2016/10/27/eteplirsen-myopathie-une-maladie-fatale-medicament-tres-cher-mal-teste-une-decision-de-mise-sur-le-marche-politique/