Emmanuel Macron a fait pendant la première année de son mandat 47 voyages à l’étranger en parcourant 17000 Km. Il a raison, les voyages forment la jeunesse. Dans chaque pays il a distillé ses sages conseils pieusement recueillis par chacun des dirigeants rencontrés, et lancé dans ses discours des projets pour modifier le cours du monde.
Ses efforts furent récompensés par le sourire impénétrable du mastodonte chinois, le regard sibérien du tsar de toutes les Russies, et par le nettoyage affectueux du revers de sa veste par l’Ubu roi nanti du plus gros bouton atomique du monde.
Aujourd’hui, des gens frustrés de ne pas recevoir de ses conseils éclairés à domicile descendent dans la rue pour lui en réclamer.
Des bancs mêlés de poissons sans tête, dans une odeur de pourrissement dégagée par l’élévation de la température fiscale, des trains délaissés, des cerveaux universitaires en surchauffe, des banlieues en décomposition de plus en plus attirées par les effluves des dessous religieux inchangés depuis des siècles.
Nul n'est prophète dans son pays mais espérons qu'il sera moins impuissant à domicile que chez les autres.