Ne connaissant rien à la programmation informatique, j’ai été stupéfait comme tout le monde par les prouesses de ChatGPT lorsque ce produit a été ouvert au public. J’ai pu tester la chose en médecine où les réponses ont été sensées, en notant la prudence de la machine qui invitait l’interrogateur à consulter son médecin. Dans l’avenir, on se demande si ce passage obligé sera toujours proposé, et il est certain que ce sera plutôt le médecin qui interrogera la machine en se pliant à son diagnostic. Ce qui me stupéfie dans l’IA ce n’est pas sa capacité à trouver les connaissances à la vitesse de la lumière, c’est d’en faire un texte cohérent, argumenté, nuancé, avec un style correct…et le sens moral insufflé par ses programmateurs. Il était donc fatal que cette machine à la mémoire encyclopédique, disponible instantanément, et surtout capable de mettre en forme le résultat de sa recherche, vienne concurrencer tous les métiers basés sur des connaissances intellectuelles, producteurs d’images et de documents même sophistiqués comme un discours ou une production littéraire jusqu’à l’imitation. L’IA va donner toute sa valeur aux métiers manuels et dévaloriser la plupart des métiers intellectuels, voire celui de programmateur. On a vu la grève des scénaristes à Hollywood qui se sont posés la question de leur survie. Et nombre d’entreprises productrices de documents qui se servent déjà de l’IA « générative » vont être tentées de remplacer l’humain pensant par la machine « diseuse ». L’entreprise Onclusive, spécialiste de la communication va supprimer 237 postes qualifiés sur 383 ! Effrayant. Egalement effrayante sera la production difficile à détecter de fausses images, de personnages prononçant de faux discours en toutes les langues, de faux documents, ces créations venant étayer les mensonges qualifiés de « vérités alternatives ». Mais comme le montre l’entrefilet ci-dessus tiré du Canard enchaîné du 4/10/23, ces machines sont voraces et peu respectueuses de l’environnement. Reste à comparer le coût écologique de l’IA et de l’humain. Enfin, si elle pense, sait-elle qu’elle est ? L’IA sera-t-elle un jour douée de conscience ?... Ou l'est-elle déjà ?