Jacob Lawrance : "Livres"
En Inde et au Japon la couleur du deuil est le blanc, en Chine le rouge, en Iran le bleu et en Occident c'est le noir. Si les Blancs n’accusent pas les Indiens et les Japonais d’utiliser la couleur de leur peau pour symboliser la mort, je crains que certains Noirs pourraient être heurtés que l’Occident se permette d’utiliser la couleur de leur peau pour pleurer leurs défunts. Ils pourraient considérer que ce choix, qui vient cependant des temps reculés, est désobligeant à leur égard.
C’est ce que l’on peut craindre depuis que le député Frédéric Maillot s’est offusqué que notre langue utilise des expressions où le noir qualifie des activités peu reluisantes comme le « travail au noir » qui serait une expression raciste sortie de notre patois colonial (bien que l’expression soit ancienne et vienne du travail de nuit). On voit que la discussion du budget débouche sur des perspectives nouvelles permettant d’épurer notre langue afin qu’elle devienne politiquement correcte et inclusive sans heurter des susceptibilités à fleur de peau. De quoi broyer du noir. (Veuillez m’excuser, je n’ai pas pu m’en empêcher, mais loin de moi l’idée de passer à l’acte).