La cour qui entoure notre bon président s’extasie sur les multiples facettes de son brio jusqu’à lui accorder quasiment la faculté de nos anciens monarques de guérir les écrouelles[1]. Il y a tout de même une facette de son brio que ses courtisans passent sous silence, c’est celle de la connerie.
Comment qualifier autrement le fait d’invoquer le sacrifice du colonel Beltrame à propos de la réduction mensuelle de 5 € des aides personnalisées au logement, en faisant honte à ceux qui protestent contre cette réduction en la comparant à l’héroïsme du gendarme. Il n’y a aucune raison de s’arrêter : on pourrait ainsi justifier n’importe quoi, ce n’importe quoi paraissant toujours mesquin comparé au sacrifice d’une vie.
"Le colonel Beltrame est mort parce que, la France, ce sont des idées, des valeurs, quelque chose d'une guerre qui le dépasse (sic et ?). Les gens qui pensent que la France c'est une espèce de syndic de copropriété (...) et qui pensent que le summum de la lutte c'est les 50 euros d'APL (sic, c'est 60 € par an), ces gens-là ne savent pas ce que c'est l'histoire de notre pays." (Macron dans un documentaire passé sur France 3 le 7 mai).
Il serait décent Monsieur le Président de ne pas utiliser la mort du colonel Beltrame pour faire passer des mesures stupides.
[1] Déclaration de Bruno Roger-Petit, porte-parole de l’Elysée : « Pour lui, le toucher est fondamental, c’est un deuxième langage. C’est un toucher performant. « Le roi te touche, Dieu te guérit. » Il y a là une forme de transcendance. »