Recep Tayyip Erdogan est la preuve qu’une démocratie lorsqu’elle n’est pas libérale aboutit à l’autocratie. Car qui peut dire que le président turc n’est pas au pouvoir par la volonté du peuple et qu’il ne s’y est pas jusqu’à présent maintenu avec l’adhésion populaire ?
Car la démocratie ne suffit pas, il faut qu’elle soit libérale, que le pouvoir issu de la volonté du peuple n’entrave en aucune façon le fonctionnement ultérieur des contre-pouvoirs et admette la possibilité d’une alternance voulue par le peuple.
Erdogan aurait dit il y a vingtaine d’années : « La démocratie c'est comme un tramway, une fois arrivé au terminus on en descend ». Il avait déjà un pied bien installé sur la chaussée en muselant ses opposants possibles avec l’assentiment du peuple après le « divin » coup d’Etat manqué, mais à présent il vient d’y mettre le deuxième en faisant pression sur le Haut-comité électoral pour qu’il se dédit et permette la tenue d’un nouveau scrutin à Istanbul où son poulain avait perdu les élections. Défaite de justesse par 14ooo voix sur 11 millions d’électeurs, ce qui avait déjà conduit à de nombreuses vérifications permettant au Haut-comité électoral de valider le scrutin.
Erdogan est arrivé démocratiquement au pouvoir mais il n’a aucunement l’intention de le quitter quelle que soit la volonté populaire, démontrant ainsi, s’il en était besoin, que l’islamisme est incompatible avec une démocratie libérale, ce que certains pouvaient prétendre quand Erdogan est arrivé au pouvoir. Bien entendu, l'arrivée des dictateurs au pouvoir par voie démocratique n'est pas une spécialité islamique. Le peuple n'a pas toujours raison. Les "démocratures" se multiplient.
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