L’expulsion d‘une famille du Kosovo venue en France essentiellement pour profiter du système et non pour s’y intégrer a eu un retentissement médiatique disproportionné par rapport aux faits (puisque ces expulsions sont quotidiennes) jusqu’à couvrir le Chef de l’Etat de ridicule après son intervention inopportune assortie d’un duplex improvisé par une chaîne de TV où la famille revenue au Kosovo lui a répliqué de façon plutôt culottée.
On a assisté à une véritable implosion de la majorité au pouvoir dont certains ténors et non des moindres (comme le président de l’Assemblée Nationale ou le secrétaire du parti socialiste) se sont élevés contre cette expulsion faite dans des conditions plutôt confortables, même si l’on peut considérer qu’il était maladroit d’aller chercher la fille lors d’une activité scolaire. Certains (Cohn-Bendit) ont été jusqu’à dire qu’aller chercher la fille pour qu’elle rejoigne sa famille pouvait s’apparenter aux rafles subies par les Juifs pendant la IIème guerre mondiale pour les conduire vers les camps d’extermination, ce qui est une remarque d’une grande stupidité. Protestations des bonnes consciences, et à bon compte puisqu’elles n’ont pas eu à prendre de décision, au nom des « valeurs républicaines », mais pour la plupart plus politiciennes que charitables.
Il me semble que dans cette affaire (sans intérêt au demeurant) les ténors ont chanté faux. Personne n’a contesté la légalité de cette expulsion. Ces protestataires veulent-ils donc dire que les lois, alors que certains d’entre eux participent à leur élaboration, ne reflètent pas les valeurs de la République ? Ce qui implique qu’il y aurait d’un côté les lois de la République et d’un autre un ensemble de valeurs républicaines indépendantes. Mais quelles sont ces valeurs non représentées par les lois ? Il ne peut s’agir que de valeurs subjectives, inhérentes au jugement de chacun en fonction de sa propre éthique et qui ne correspond pas forcément à la législation adoptée par le Parlement. Les protestataires pensent donc que ces valeurs dites républicaines auxquelles ils se réfèrent et que la République n’aurait pas adoptées, seraient supérieures aux lois que chacun doit pourtant respecter, ce qui implique la possibilité de désobéir aux lois pour respecter d’abord son éthique au nom de valeurs attribuées à la République et que chacun définit à sa façon puisque la République ne l’aurait pas fait.